Le constat a fait mal. Autant que les 80 minutes de torture de cet Angeleterre-Fance que nous avons vécu dimanche dernier. Mais pas le temps de s’appitoyer sur notre triste sort. Il faut avancer. Mais le temps des demi-mesures est derrière nous. On sort l’artillerie lourde, et voici nos 10 propositions choc pour sortir le XV de France de sa torpeur.

1/ LE GRAND MÉNAGE DANS LE XV DE FRANCE

La vraie fausse bonne idée ? Sacrifier des joueurs talentueux est un chemin difficile, mais parfois salutaire. L’équipe de France de football n’a-t-elle pas laissé sur le chemin de la gloire les joueurs les plus doués de leur époque (Papin, Ginola, Cantona) ? Ou plus près de nous des Benzema, Nasri ou Ben Arfa ? Dans le XV de la Rose présent dimanche à Twickenham, qui portait déjà la tunique blanche lors du fiasco du mondial anglais ? 4 seulement d’entre eux sur le pré dimanche étaient de la défaite face aux Gallois en 2015 (May, B. Youngs, Farrell et B. Vunipola).

La tentation est grande de faire table rase, mais à ce niveau-là l’expérience est primordiale et certains anciens devront être sauvés (comme les Anglais évoqués ci-dessus). Pour continuer la comparaison avec la perfide Albion, la première mesure d’Eddie Jones fut de nommer Dylan Hartley capitaine en lieu et place de Chris Robshaw.  Abrégeons donc le calvaire de Guirado qui, s’il est irréprochable au niveau de l’engagement, symbolise plus que tout cette France qui perd.

Même si on ne saurait lui imputer tous les maux du rugby français, un électrochoc de plus est nécessaire afin de réanimer le patient XV de France. Bye bye Papy Moustache ! Ton accent gersois fleure bon le terroir et le rugby de clocher, mais force est de constater ton échec. On ne t’en veut pas, tu as déjà été bien sympa de vouloir relever le défi (d’autres se sont échappés, et on ne leur en veut pas trop non plus).

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Coach Brunel semble de plus en plus isolé dans le groupe France.

Pour le remplacer, la tendance est d’évoquer un technicien étranger, et au risque de vous surprendre, je suis d’accord. Un homme qui n’aurait pas d’expérience en Top 14 (oui c’est toi que je regarde Vern Cotter), qui ne trouverait donc pas d’excuses à la médiocrité de ses ouailles. Un homme sans allégeance, ni à la Fédération, ni à la Ligue, ni aux clubs. Libre de sélectionner le groupe le plus à même de gagner. Retrouver l’identité du XV de France, changer la routine, combler les lacunes (jeu au pied/jeu en l’air/touche) relancer des joueurs, voilà les missions du nouveau sélectionneur. Ah oui et gagner aussi.

Quelle équipe ? Difficile de dire quels “cadres” garder. On joue la carte de la fraîcheur et on envoie les jeunes. Ce n’est pas un cadeau, mais à eux de prendre leur destin en main. Et une petite place dans le groupe pour notre bordelais préféré, Marco Tauleigne !

Priso – Bourgarit – Bamba

Lambey – Iturria

Makalou – Jelonch – Babillot

Dupont – Jalibert

Tomas – Ntamack – Fickou – Penaud

Ramos

2/ UN XV DE FRANCE DE GUERRIERS ET DE REVANCHARDS 

Lors d’une saison difficile en juniors, un entraîneur avait lancé avant le match “on peut être nul sur le terrain, mais à l’apéro personne ne nous prend!” avant le traditionnel “si ça part, on y va à quinze !”L’esprit festif (coucou le Tigerlily) et la bagarre sont des attributs ancestraux du rugby français.

Perdu pour perdu, on y va avec des guerriers ! Des rognes, des rudoyants, des types qui ne lacheront rien. On pose les cerveaux, et on charge, sabre au clair ! On y ajoute quelques joueurs revanchards ou qui n’ont jamais eu leur chance en bleu malgré des statistiques flatteuses (il n’y a après tout qu’au rugby où on ne sélectionne pas le meilleur buteur). Mais avec quelle équipe ?

Tichit – Chat – Haouas

Rebbadj – Jedraziak

Monribot – Tanga – Hirèche

Kockott – Wisniewski

Grosso – Aguillon – Combezou – Caminati

Germain

En première ligne, on retrouve Tichit, un joueur à l’ancienne comme on n’en fait plus. Avec lui, Camille Chat pour jouer les gros bras et Mohamed Haouas car se battre avec Bismarck du Plessis c’est déjà un beau fait d’armes, mais quand c’est votre propre coéquipier, comment ne pas le sélectionner?

En deuxième ligne on retrouve deux espoirs du poste, qui, s’ils n’ont pas fait beaucoup parler d’eux dans ce registre, sont aussi arrivés 10 ans trop tard. On pense aussi à Fabrice Metz, un travailleur de l’ombre. Finis les Couzinet, Auradou et autres Porcu. En troisième ligne, du lourd, du saignant, du vaillantasse. Que des joueurs rompus aux âpres joutes de la ProD2, habitués à ferrailler pour décrocher le maintien. Avec eux, pas de souci, on peut aller à la guerre.

A la charnière on a privilégié le teigneux Kockott associé avec le toujours vert  (et jamais belu) Jonathan Wisniewski. Chez les ¾, pas de calcul. Ca joue frontal et ça tape fort en défense. Quand un ¾ met du strap sur les oreilles, on sait que ça va pas être drôle tout le match. Et enfin en 15, Gaëtan Germain, parce que j’ai envie d’être sympa et que c’était peut-être l’idée la moins con du quinquennat de François Hollande.

3/ LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE RUGBY RECRUTE LE DOCTEUR FUENTES

Bon celle-là est limite on vous l’accorde. Mais voir des joueurs pros, asphyxiés au bout d’une minute de jeu c’est pas possible. On sort les grands moyens, hormones de croissance et tout le toutim. On va voir ce qu’on va voir ! C’est d’ailleurs une hypothèse que j’ai formulé dès la rouste face aux Blacks en 2015… Serait-on nuls aussi en dopage ?

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Bernard Laporte et son ombre. L’heure du changement est arrivée !

4/ ON ENVOIE LA LÉGION ÉTRANGÈRE EN EQUIPE DE FRANCE DE RUGBY

Ils ont voulu prendre la place des Français en club ? Qu’ils la prennent aussi en sélection ! Mais on se retrouve avec quelle équipe ?

Kotze – Jenneker – Atonio

Willemse – Le Roux

Claassen – Fearns – Veredamu

Kockott – James

Nakaitaci – Vakatawa – Connor – Raka

Spedding

Fort accent sudafricain (ou tarnais pour Kockott), avec pas moins de 8 ressortissants dans cette sélection. On a repositionné l’ancien Légionnaire Tavite Veredamu en 7 pour sauter sur tout ce qui bouge. Claassen est en pleine forme avec le Racing et avant sa blessure Carl Fearns était le meilleur 8 du championnat.

Derrière la plupart des joueurs ont déja été sélectionnés en Bleu, et Vakatawa perce l’écran lui aussi avec le club alto-séquanais. Spedding est quand même le dernier à avoir pleuré en apprenant sa sélection, rien que pour ça tu mérites ta place Scott!

5/ CHANGEMENT DE FORMULE DU TOP 14

Principal accusé, à lui d’assumer ses responsabilités ! Système de conférence (comme en ligue celte) pour diminuer le nombre de matchs, une descente seulement qui se joue en barrages aller-retour. Les idées de réforme ne manque pas. Fin du système du salary cap qui n’a rien apporté. On arrête avec le système des JIFF qui conduit à des aberrations du style Luc Ducalcon dans le top 10 des joueurs les mieux payés, et on le remplace par le règlement anglais beaucoup plus clair et a priori efficace: minimum 15 joueurs sélectionnables par feuille de match.

Pour aller plus loin: on ne parle plus en joueurs sur la feuille de match mais en minutes jouées par saison. Car aujourd’hui on peut avoir 15 JIFF sur la feuille de match avec 8 sur le banc de touche. Il y a 26 matchs dans la saison régulière, 80 minutes par match, 15 joueurs sélectionnables, chaque club devra donc justifier de 31200 minutes de temps de jeu pour des joueurs sélectionnables. 

Si nous ne sommes pas assez grands pour augmenter le rythme tous seuls, il va falloir se forcer : on reprend la mesure de limitation du temps accordé pour les tentatives de pénalités ou transformations (respectivement 60 et 90 secondes) et on l’étend aux touches et aux mêlées.

6/ LE CHANGEMENT D’AIR POUR LE XV DE FRANCE

Il faut leur faire retrouver le moral ! Sortie chez Mickey tous les mercredis, ouverture d’un bar à chat à Marcatraz et open consultation chez une bonne psychologue. Ah oui aussi on vire le cuisinier du CNR, c’est pas possible ce qu’ils doivent manger pour avoir à ce point le moral dans les chaussettes.

Pour les plus audacieux, on envisagera une mise au vert à la Fistinière… quitte à se faire ouvrir les jours de matchs, autant s’y préparer avec des professionnels.

7/ ON CROISE LES DISCIPLINES

Un peu dans la lignée de la proposition précédente, il faut donner un nouveau souffle à cet équipe et les secouer un peu. Le trio arrière est mauvais sous les ballons hauts ? Faisons-donc venir un technicien du football australien !

Les chandelles tapées sont inefficaces ? Appelons le meilleur punter de NFL pour leur apprendre à monter une belle quille ! On se fait battre en touche, entrainons-nous avec des cheerleaders Ou alors on peut aussi faire appel aux meilleurs athlètes français: Teddy Riner en numéro 8, Christophe Lemaitre à l’aile, Nikola Karabatic au centre…

Blague à part, pourquoi pas faire intervenir des éléments extérieurs aux problématiques du rugby en tant que consultants ? Qu’ils apportent leur vision du haut niveau, l’exigence de la préparation mentale pour un sportif individuel, ou comment trouver la motivation pour les handballeurs. Pour ramener l’esprit de la gagne au sein du groupe. Attention on parle d’un vrai travail, pas d’une séance photo pour faire plaisir aux équipementiers.

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Objectif n°1 : Retrouver le goût de la victoire !

8/ ET SI LE XV DE FRANCE FAISAIT LES CHOSES SIMPLEMENT

On se prend à rêver… et si… on pouvait conserver une ligne directrice, une colonne vertébrale. La défaite n’appelle pas à la stabilité. Après tout si “on ne change pas une équipe qui gagne”, le corollaire est bien qu’on doit changer une équipe qui perd. Mais à force d’ajustements, de test et de foi en un ou plusieurs hommes providentiels, 4 ans après la débâcle de Cardiff en ¼ de finale, l’équipe nationale n’a aucune certitude, aucune force sur laquelle s’appuyer, et des lacunes rédhibitoires à ce niveau-là: conquête défaillante, automatismes inexistants, couverture lacunaire, en bref, le collectif n’est pas rodé. Et comment pourrait-il en être autrement ? Il faut dire aussi que cette équipe joue de malchance et cumule les blessures de longue durée.

Et si on faisait jouer les joueurs à leur propre poste ? Alors oui Elliott Daly joue au centre en club et arrière ou ailier en sélection. Mais a priori nos Bleus n’ont pas la même faculté à changer de poste aussi facilement. Idée révolutionnaire donc, plaçons donc les joueurs à leur propre poste.

Peut-on recruter un technicien pour faire travailler le jeu au pied d’occupation ainsi que la réception des chandelles ? Avec la prestation de dimanche dernier, nos prochains adversaires vont se frotter les mains… pas que ça change grand chose aux plans des Irlandais qui bombardent des chandelles quoiqu’il arrive…vas-y Connor (Murray) monte des grandes chandelles, si même par miracle les Frenchies arrivent à capter la gonfle, ils nous la rendront par un jeu au pied de serin (pas Baptiste) !

9/ ET SURTOUT PAR PITIÉ, UN PEU DE DÉCENCE

Perdre est déjà assez humiliant… Par pitié messieurs, ne tombez pas en plus dans le ridicule avec des déclarations polémiques en conférence de presse. Quand on ne met pas un pied devant l’autre sur le terrain, on prend ses responsabilités comme un grand garçon et on assume. Comme Camille Lopez ou Arthur Iturria, on dit “on a été nuls”, et on ne se permet pas de juger son propre staff, ou les journalistes, ou les anciens joueurs.

10/ OBJECTIF COUPE DU MONDE 2019 : AUX GRANDS MAUX LES GRANDS REMÈDES

La Coupe du Monde au Japon approche à grands pas. Et malheureusement les motifs d’espoir sont minces. Si on ne veut pas être ridicules, il va falloir cravacher. La solution ultime ?  6 mois de préparation pour la Coupe du Monde ! Ça commence quand ? Maintenant ! 

Moustache (ou un autre) prend en main un groupe de joueurs fermé. Et on s’entraîne comme des ânes jusqu’au mois de Septembre. Au diable le Top 14 et les rêves de Brennus. Désolé Toulouse et Clermont mais la patrie passe avant tout ! ça n’arrivera jamais mais on pourrait arriver à la Coupe du Monde avec des automatismes (ça semble incroyable) un groupe soudé et de la propreté sur les phases arrêtées. On rattrape (un peu) notre retard sur les autres nations et on s’offre une chance … Le jeu en vaut la chandelle (désolé de remuer le couteau dans la plaie) ! 

Retrouvez notre première partie de l’article « Requiem pour les Bleus » qui dresse le triste constat d’un XV de France à la dérive.