La presse écrite comme nous la connaissions est à l’agonie. C’est un triste constat. Mais certains passionnés de sport n’hésitent plus à replonger dans le bain tumultueux de la presse papier 2.0 avec l’ambition de redonner ces lettres de noblesse au papier. Il y a des raisons d’y croire et chez Grounds nous y croyons !

Nous faisons un focus tout particulier sur un projet qui a, selon nous, un avenir radieux devant lui. Il s’agit du magazine Caviar, qui est récemment devenu un Mook. On y parle ballon rond dans sa dimension sociale et c’est juste passionnant et beau.

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FRANCK ANNESE, LE PIONNIER DE LA PRESSE PAPIER 2.0

Impossible de parler de la presse papier 2.0 sans évoquer le nom du brillantissime Franck Annese. À la tête du groupe So Press, il a tout simplement réinventer la presse d’aujourd’hui, et sûrement celle de demain, pour devenir indispensable dans le paysage journalistique français.

Le français est un homme de défis. Relancer la presse papier quand les ventes déclinent chez tous les concurrents ? Pas de soucis ! Aujourd’hui le groupe So Press, c’est So Foot, Society, Pédale ! Mais aussi Tampon ! Et Trashtalk. Une success story Made in France qui crée des vocations.

Avec son look bien identifiable et une casquette toujours vissée sur la tête, Franck Annese est le personnage qui incarne parfaitement le renouveau de la presse papier en France. Mais, il n’est pas le seul heureusement. Revue d’effectif de nos coups de cœur.

MOOK, LIVRE, MAGAZINE : LES PÉPITES SONT NOMBREUSES !

Ils sont les rois du game chez les médias NBA. On ne parle pas de Bein mais bien de la team Trashtalk. Ils sont partout et transmettent leur passion h24. Sur Twitter, ils règnent comme des gourous avec une communauté de fans NBA grandissante. Et c’est peu dire que leurs livres s’arrachent.

Ils ont récemment sorti « Le plus grand livre de basketball de tous les temps (selon Trashtalk) ». Les précommandes ont explosé dans les 24 heures créant un énorme buzz. Pour tout vous dire, notre exemplaire est commandé et devrait arrivé très prochainement. Un livre (déjà) encensé qui transpire la passion du basketball.

Dans la catégorie Basket, les mooks de Reverse se font une très belle place sur une étagère. Aussi beau que passionnant, les mooks s’arrachent et le contenu est toujours remarquable. Nous devons rendre hommage à leur numéro spécial Kobe Bryant. Un bijou. Vous l’aurez compris, la planète basketball a de beaux jours devant elle en France.

Nous avons découverts en 2019, le webzine « The Playground ». Ce crossover flamboyant entre auteurs et graphistes dédié à une lecture numérique a dû aussi se tourner vers le papier tant la demande était forte. Chaque sortie numérique offre aussi la possibilité d’acheter un format papier. Si vous êtes passionnés de tous les baskets, nul doute que vous vous régalerez.

CAVIAR, VOIR LE FOOTBALL AUTREMENT.

Derrière les magazines, les mooks, les livres, il y a des hommes et des femmes passionnés qui oeuvrent pour faire vivre la presse papier. L’équipe derrière Caviar Magazine en est l’exemple parfait. Nous avons donc posé quelques questions à Tristan Boissier, fondateur du mag Caviar, pour mieux comprendre leurs motivations et leurs espoirs.

G. : Peux-tu nous parler de la génèse de Caviar ?

Tristan : Passionné de football et déjà façonné par l’écriture et les appétences pour le journalisme, j’ai, dès 15 ans, traduit cette passion à travers des pages Facebook réunissant de nombreux passionnés. Cette première expérience m’a amené à créer un site internet et à m’entourer afin de produire un contenu plus qualitatif.

J’ai poursuivi cette aventure sans prétention jusqu’à mon arrivée à Sciences Po et la rencontre de camarades tout aussi passionnés et motivés que moi à l’idée de traduire le football par les mots. Je me suis alors associé avec 3 étudiants, eux aussi à l’origine d’un blog sur le foot.

G. : Vous avez rapidement eu l’ambition de créer un magazine ?

Tristan : Cette collaboration s’est très rapidement traduite par l’ambition de passer un nouveau cap pour sortir alors du cadre dans lequel nous étions depuis longtemps : les blog et pages internet. Face à l’ultraconcurrence et au manque de visibilité de nos articles, nous avons alors décidé de créer un magazine papier. L’idée était alors de pouvoir créer un bel objet qui puisse nous ressembler et être apprécié tant que son fond que par sa forme. Ainsi, on pouvait se démarquer et donner une vraie valeur aux contenus que nous produisions.

G. : Parle nous un peu de votre premier numéro de Caviar ?

Tristan : C’est ainsi qu’est né « Un destin africain », thème de notre premier numéro alors édité à 40 pages. Avec une mise en page soigné grâce à la fibre artistique d’un de mes camarades, devenu ami, nous avons été gratifiés de nombreux retours positifs qui nous ont encouragé à poursuivre l’aventure et voir plus grand.

Fin Janvier 2020 sortait Caviar #2 « Football Campagne » tirée à 6300 exemplaires de 68 pages et distribuée à travers toute la France. Si l’euphorie et la fierté d’une telle progression nous ont d’abord laissé espérer une success story sans encombre, les réalités de la distribution de la presse papier puis la crise sanitaire nous ont puissamment ramenés sur terre.

Nous avons rebondi via la création de notre site internet, proposant des articles gratuits et d’actus sur les aspects sociétaux du football. Un succès tant le site rassemble plus de 10 000 visiteurs uniques chaque mois.

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G. : Comment se dessine l’avenir de Caviar ?

Tristan : Après une édition 3 bouclée entièrement à distance, relevant presque de l’exploit, nous avons entamé le changement de format de notre magazine, devenu mook.

Nous passons de 68 à 148 pages et nous redéfinissons notre mode de distribution. Nous nous sommes à la fois sauvés d’un marché de la presse à l’agonie et aboutir aussi au format dont nous avions toujours rêvés depuis nos débuts.

G. : Lier étroitement auteur et graphiste/illustrateur c’était un choix délibéré ?

Tristan : Nous souhaitions absolument donner une esthétique particulière au magazine pour se démarquer. Par ailleurs, nous considérons ce mook comme un produit dans son ensemble. Chaque détail compte et l’idée d’en faire un bel objet est extrêmement importante. Associer des graphistes au projet et donner une place prépondérante à la mise en page et aux dessins relève ainsi de l’évidence pour nous.

G. : Est-ce l’avenir de la presse papier ?

Tristan : L’avenir de la presse papier va se transcrire dans de multiples formes, mais oui l’idée de beaux magazines qui accompagnent le contenu d’une jolie mise en page relève selon moi de l’obligation pour permettre à des titres de presse de continuer de subsister autrement que par l’information. Face à internet et l’immédiateté de l’information, il est nécessaire de trouver de nouvelles forces sur lesquelles miser.

G. : Que représente pour vous le fait de participer au renouveau de cette presse ?

Tristan : C’est très gentil de considérer Caviar comme un symbole de ce renouveau. C’est en tout cas très prenant et passionnant. Cette aventure apporte son lot de découvertes, de joies et de tristesse. On apprend beaucoup dans de nombreux domaines et je suis entouré d’amis avec qui je prend beaucoup de plaisir. Qu’importe où cela nous mène, ce qu’on a déjà accomplis est extraordinaire.