Après l’engouement de la Coupe du Monde féminine en France, la Division 1 française reprend ses droits. Cette année les Girondins de Bordeaux de Vanessa Gilles affichent des ambitions élevées. Et pourquoi pas embêter les 2 titans du Championnat. On ne s’interdit rien en Gironde. Et ce n’est pas la canadienne qui dira le contraire.

Après une Coupe du Monde enrichissante mais pauvre en temps de jeu, Vanessa attaque la saison 2019/2020 avec de grandes ambitions pour elle et Bordeaux. Nous avons eu la chance d’interviewer la défenseure de 23 ans. On vous prévient, elle n’a pas prévu de « donner des becs » aux attaquantes du championnat !

Grounds. : Tu as commencé le football, au haut niveau, tardivement. Raconte nous comment tu es arrivée dans ce sport ? Est-ce une force ?

V.G : Auparavant j’ai joué au tennis à haut niveau mais au niveau national je n’avais pas le mental pour pouvoir pratiquer un sport individuel. Du coup, j’ai décidé d’arrêter à 15/16 ans et de commencer le football parce que c’est un sport d’equipe. Mon frère et mes amis proches jouaient aussi et le côté physique me plaisait beaucoup.

C’est vrai que j’ai commencé plus tard que la norme. J’ai du beaucoup bosser le côté technique et tactique mais certains aspects du tennis (vision, réaction, vivacité…) m’ont beaucoup aidé dans mon jeu.

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Vanessa Gilles avec la section féminine des Girondins de Bordeaux lors d’un match de pré-saison.

G. : Comment s’est faite ton arrivée aux Girondins en 2018 ? Qu’est-ce qui t’as le plus surpris dans la culture française ?

V.G : J’ai pu rejoindre les Girondins de Bordeaux après un petit séjour de 5 mois avec l’Apollon dans le championnat chypriote. Pour moi, la plus grosse adaptation une fois arrivée en France fût la vitesse du jeu et la technique de toute les joueuses. Il a fallu que je m’adapte à avoir beaucoup moins de temps avec le ballon et devoir défendre sur des joueuses qui sont très à l’aise avec le ballon.

DU CANADA À BORDEAUX EN PASSANT PAR CHYPRE, VANESSA GILLES EST UNE GLOBE-TROTTEUSE DU BALLON ROND !

G. : La Chine, le Canada, les USA, Chypre et maintenant la France. Tu es une voyageuse. Y a-t-il un pays qui te fait rêver pour jouer au Football ?

V.G : J’adore voyager et découvrir des nouvelles cultures, l’environnement mais aussi la culture footballistique d’un pays. Pour l’instant, je me sens bien en France et surtout dans une belle ville comme Bordeaux (on dira pas le contraire chez Grounds.) Mais c’est vrai que j’aimerais bien pouvoir découvrir l’Angleterre ou même la ligue Japonaise un jour !

G. : Quelle est la grande différence dans le football pratiqué aux US et en Europe ?

V.G : C’est évident qu’il y a une grande différence entre le football aux États-Unis comparé au foot européen ! Ici, c’est plus basé sur la possession, la beauté du jeu et de pouvoir garder le ballon et trouver le bon moment pour attaquer. Par contre, de l’autre côté de l’océan, c’est beaucoup plus dans l’impact physique et dans les moments de transition.

G. : Les Girondins semblent vouloir changer de dimension avec quelques gros transferts et des internationales. Qu’en penses-tu ?

V.G : Je pense que cette année le club à des gros objectifs pour l’équipe. Ça se voit avec le recrutement de certaines joueuses et même les membres du staff. Les recrues élèvent le niveau aux entraînements et en matches. Le degré d’exigence augmente.

G. : Ça semble impossible de venir embêter le PSG et l’Olympique Lyonnais mais avec le recrutement, quels sont les objectifs annoncés des dirigeants ?

V.G : Cette année nous visons le top 3 en espérant que la nouvelle règle va être mise en place dès cette année pour que cette place soit aussi une place qualificative pour la Ligue des Champions !

VANESSA GILLES ET LES GIRONDINS : UNE NOUVELLE SAISON ET BEAUCOUP D’AMBITIONS

G. : Quels sont tes objectifs personnels pour la saison à venir ?

V.G : Cette année, je travaille pour pouvoir apporter à l’équipe et pouvoir être titulaire en sachant que avec notre effectif, il y a de la concurrence à tous les postes. Je travaille aussi pour pouvoir être sélectionnée en équipe nationale du Canada et pouvoir y trouver un peu de temps de jeu.

G. : Le Canada s’affichait comme l’un des outsiders pour la victoire en Coupe du Monde. Comment avez-vous vécu l’élimination en Huitièmes ? 

V.G : Je pense que l’équipe ainsi que tout le pays était déçu de ne pas pouvoir avancer plus dans la compétition. C’est comme ça dans les grands tournois. On apprend de nos défaites. Je pense que cela ne peut que nous préparer pour les Jeux Olympiques de Tokyo !

G. : Personnellement, tu n’as pas joué dans cette Coupe du Monde. Tu t’y attendais ? 

V.G : D’un côté je pense que je m’y attendais en sachant que ma première sélection n’était qu’au mois de Janvier et l’adaptation au niveau internationale est compliquée. Il y a beaucoup plus de détails et d’informations à apprendre à ce niveau. C’était tout de même une expérience incroyable d’avoir eu l’opportunité d’être avec elles pour toute la préparation !

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Depuis Janvier 2019, Vanessa Gilles est appelée en sélection nationale du Canada.

G. : Le fait d’évoluer en Europe peut être un frein pour ton évolution en sélection ?

V.G : Non je ne pense pas que le fait d’être dans un championnat européen et non américain soit un point négatif pour la sélection. Ce sont tous des bons championnats avec des styles de jeux différents.

Pour moi, le fait d’être ici en France depuis la saison dernière m’a justement aider a être appelé en sélection canadienne. Grâce au style francais, j’ai pu beaucoup travailler et améliorer mes défauts comme ma technique et vision de jeu.

G. : Le monde entier a découvert Megan Rapinoe pendant le mondial. En France, nous avons peu l’habitude des sportifs engagés. Venant d’Amérique du Nord, quel est ton avis ?

V.G : Je pense que tout le monde, sportif ou non, a le droit d’avoir et d’exprimer son propre avis. Le fait que Megan Rapinoe ait un following et un micro avec plus de résonnance que le reste du monde ne devrait pas l’empêcher de se battre pour ses croyances et ça ne change certainement pas sa qualité en temps que joueuse exceptionnelle.