L’aventure américaine de Florian Valot n’a rien d’un long fleuve tranquile. Entre blessures, Covid-19 et bulle d’Orlando, les occasions pour lui de briller sur les terrains de MLS sont trop rares. Mais le français ne lâche rien et compte bien devenir un joueur majeur de l’effectif des New York Red Bulls.

De l’autre côté de l’Atlantique, Florian participe a un moment d’histoire. Qu’il le veuille ou non, il fait partie de la contestation qui n’en finit plus de monter chez les sportifs américains. Aujourd’hui, il nous parle de la situation là-bas et de la place que prend le football dans ces moments si particuliers.

Grounds. : Peux-tu nous parler de la bulle d’Orlando ? Pas trop surréaliste comme ambiance ? Tu t’es senti en sécurité ?

Florian : La bulle d’Orlando était un environnement vraiment spécial mais je me suis senti en sécurité. C’est vrai que les premiers jours après l’arrivée étaient assez tendus. Les évènements de Dallas et Nashville n’ont rien arrangé.

G. : Les matchs sans spectateurs c’est un vrai manque quand on est devant sa télévision. Mais comment vit-on ça quand on est sur le terrain ?

Florian : C’est vrai que les matchs sans fans ça change complétement l’atmosphère. Célébrer un but ou entendre les chants des supporters, ça te donne un boost en plus. Mais à Orlando, une fois sur le terrain tu ne fais plus attention. Tu es concentré sur le match et l’objectif.

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G. : Le sport reprend ses droits aux States ( ITW réalisé avant le boycott ) malgré la crise sanitaire et sociale. Tu penses que c’est la bonne solution ?

Florian : L’Europe a réussi à reprendre la saison. Je ne vois pas pourquoi les USA ne pourrait pas en faire autant même si la crise n’a pas été géré de la même façon.

2020, ANNÉE SI PARTICULIÈRE POUR FLORIAN VALOT

G. : A New York, tu as vécu ça de très près. Comment as-tu géré cette période particulièrement stressante ?

Florian : C’est vrai que les mois de confinement furent longs mais j’ai pris mon mal en patience. J’ai continué à faire de l’exercice et je n’étais pas vraiment seul car j’avais mon chien ! J’ai également fait en sorte de remplir mes journées de lectures ou autres activités pour passer le temps.

G. : Beaucoup d’athlètes ont pris la parole pour défendre la cause afro-américaine. Quel doit être le rôle d’un sportif de haut niveau dans ces moments si délicats ?

Florian : Selon ta prise de parti, il faut savoir utiliser sa plateforme pour faire passer un message mais uniquement si tu as toutes les informations et connaissances sur le sujet. Le message que tu fais passer a de l’importance.

 

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G. : Tu as relayé beaucoup d’informations sur le mouvement Black Lives Matter. Qu’est-ce qui te touche le plus dans cette crise ? Tu avais conscience de ces problèmes en vivant aux USA ?

Florian : Ce mouvement est encré dans l’histoire de ce pays. Plus qu’ailleurs. Les inégalités et les injustices c’est ce qui me touchent le plus. On est tous nés égaux mais visiblement pas avec les mêmes opportunités ou droits. Selon moi cela doit changer. Je n’ai jamais vraiment fait attention avant d’arriver aux USA mais il y avait des signes avant coureurs comme lorsque je voyais des contrôles de police qui étaient pour la grande majorité faites sur des noirs américains.

G. : La MLS, commes les autre organisations sportives américaines, a voté la grève suite à l’affaire Jacob Blake. Tu es fier de faire partie de ce mouvement ?

Florian : J’espère sincèrement qu’il y aura du changement mais cela prendra bien évidemment du temps. C’est nécessaire. On est en 2020 et on voit encore des personnes de couleurs se faire tirer dessus par des représentants des forces de l’ordre censées protéger la population.