Fabien Farnolle est un de ces sportifs de haut niveau qui aime voyager, parler sans langue de bois et avec plaisir de sa carrière de gardien de but. Drôle, attentionné et réfléchi, il est pour moi une rencontre positive. Après plus de 10 ans d’amitié, j’ai pu aujourd’hui l’interviewer pour les lecteurs de Grounds. Rencontre avec ce géant au cœur en or et protecteur de ses buts.

Grounds. : Qui es tu ? Quel est ton parcours ?

Fabien : Fabien Farnolle, gardien de but de 36 ans, formé aux girondins de Bordeaux. J’ai joué dans 5 championnats différents (français , portugais, roumain, turc et éthiopien) et je suis international Béninois.

J’ai commencé comme tout les enfants a vouloir être joueur de champ mais avec un père qui jouait comme gardien de but et en jouant avec ton grand frère souvent tu te retrouves à jouer le rôle de gardien.

G. : Pourquoi avoir choisit ce poste si spécifique de gardien de but ?

Fabien : Lors de ma première licence au FC Lormont (près de Bordeaux), j’ai commencé joueur de champ mais notre gardien n’était pas doué avec ses mains donc je me suis proposé de prendre sa place. Ça se passe bien aussitôt et rapidement je tape dans l’œil des Girondins de Bordeaux où je signe dès le mois de Janvier.

J’y reste quelques années puis je tente l’aventure portugaise puis quelques clubs de CFA et National (Quevilly, Libourne) avant d’y revenir une saison en 3ème gardien puis de signer pour le Clermont Foot. Après cela je vis une aventure express en Roumanie au Dinamo Bucarest pour signer ensuite au HAC (Le Havre).

G. : Faisons un focus sur une saison en particulier. Quel effet ça fait d’être élu meilleur joueur de ligue 2 en 2016 et d’être dans l’équipe type de ligue 2 cette année là ?

Fabien : En 2016 avec Le Havre nous faisons une grosse saison où nous frôlons la montée en Ligue 1 (Le HAC finit 4ème du championnat). Je fais moi-même une grosse saison avec 18 clean sheet. Une très grosse année pour moi. Je suis passé à peu de chose du trophée de meilleur gardien donc avoir celui de meilleur joueur de Ligue 2 c’est une grande fierté car habituellement il est remis plus facilement à des joueurs de champ.

J’ai aussi été dans l’équipe type de la saison et quasiment à chaque journée. Là aussi j’étais heureux car cela récompense tout le travail de mes années précédentes avec mes différents clubs mais surtout la très bonne saison que le HAC a réalisé en 2016.

G. : Tu as beaucoup voyagés dans ta carrière ( France, Portugal, Roumanie, Turquie) et maintenant l’Éthiopie pourquoi ce choix ?

Fabien : Lors de la fin de mon contrat que j’ai cassé avec le BB ERZURUMSPOR dû à des soucis de paiements, je voulais continuer à jouer la fin de la saison ( son contrat c’est fini en Décembre ) car les écheances avec la sélection nationale arrivaient aussi. Je devais garder la forme pour la saison prochaine et avoir un dernier challenge. J’avais différentes options en Europe. La France, la Belgique et d’autres destinations en dehors de l’Europe comme le Kosovo.

On m’a proposé ce challenge dans le championnat éthiopien avec le Sidama Coffee FC dans la BetKing Premier League. Un club qui espère se sauver de la relégation et compte sur mon expérience pour changer la donne. Je suis quelqu’un qui aime les expériences et les aventures à l’étranger. Mon parcours le prouve. J’ai beaucoup aimé mon passage en Turquie avec une ferveur telle dans les stades , la gentillesse des gens et aussi des paysages somptueux. Partir dans ce type de championnat est une expérience .

G. : Comment vois-tu ton après carrière ? Dans un staff de club ? En mode agent ou scout ?

Fabien : Pas tout à fait , j’aime beaucoup le foot mais je ne me vois pas avoir une vie encore à 300 à l’heure où il faut être tout le temps loin de sa famille et de ses proches. C’est souvent cela la continuité d’une carrière de joueur mais je n’ai pas forcément envie de vivre en déplacement continu.

fabien farnolle bénin sierra leone football CAN

G. : Récemment on t’as vu prendre position sur un soucis qu’a connu ta sélection (Sierra Leone vs Bénin en Qualif CAN). Tu disais qu’une fois encore le foot africain allait être ridiculisé.

Fabien : Les réseaux sociaux ont grandement aidés à relayer cette histoire. Grâce à Twitter et Facebook, les gens du monde entier et les médias ont étaient au courant de cette situation grotesque.

12h avant le match et une fois la feuille de match transmise aux instances du foot, le Bénin a eu les résultats des tests Covid-19 donnant 5 joueurs positifs. Des cas positifs non décelés 24h auparavant. Il s’en suit une situation rocambolesque où la Sierra Leone ne voulait plus les joueurs béninois sur son territoire. Ils ne pouvaient pas regagner leur hôtel mais ne pouvaient pas non plus quitter le pays. Ce match que la Sierra Leone voulait gagner sera rejoué en Juin. La Fédération Béninoise demande encore la victoire sur tapis vert. Affaire à suivre…

Grâce aux réseaux, les instances ont décidé de bouger car elles étaient clairement pointées du doigt. Le match se jouera finalement en Juin. L’inverse aurait été une injustice totale pour nous même si la Fédération Béninoise veut encore que nous ayons match gagné. Malheureusement une fois encore le football africain montre une image négative.

G. : Aimerais-tu t’engager dans des instances dans les années à venir pour le faire avancer ?

Fabien : Pourquoi pas apporter ma contribution à la sélection béninoise dans mon après carrière car tu n’es pas en déplacement constant contrairement à une vie autour d’un club.