Notre passion pour le Basketball et la NBA n’est plus à prouver. Sa popularisation, également, n’est plus une surprise pour personne. À travers les nouveaux médias, le fil rouge de notre dossier en quatre parties, notre intelligent et spectaculaire sport profite d’un succès fort que nous allons vous démontrer. Nous avons souhaité mettre les deux appuis sur le parquet et savoir dans quelle mesure la hype autour de la NBA a rejailli sur le basket en France. Tel un état des lieux complet de sa situation. Car la France aussi à ses acteurs, ses événements, et ses outils pour faire en sorte que le Basketball évolue au sein de notre beau pays. Nous serons enfin critique, du moins progressistes, puisque la popularisation du « panier-ballon » possède ses quelques limites.

Dans ce deuxième numéro, nous nous intéresserons au phénomène des communautés et aux multiples acteurs du Basketball qui en créés et en usent à des fins biens différentes. Médias de niche et rassembleurs, fédération omniprésente sur les réseaux sociaux, sportif-influenceur et bien d’autres, tous ont permis de développer la micro-société Basketball sur le sol français. Checkball … Let’s go !

UNE COMMUNAUTÉ, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Le mot « communauté » est un terme que l’on maîtrise mal mais c’est pourtant celui qui correspond parfaitement à l’appellation d’un groupe de passionnés de balle orange. Les caractéristiques et les fonctions de ce dernier sont identiques à celles d’une communauté.

Au sein de notre société, il existe plusieurs groupes de personnes. Un même individu peut d’ailleurs appartenir à une infinité de groupe (il se réfère à sa famille, ses amis, son travail, ses origines, ses loisirs, etc.) et y adhérer selon des croyances et des valeurs dans lesquelles il se retrouve. Grâce à l’arrivée massive des nouveaux médias dans notre société, des groupements de personnes se sont formées de manière virtuelle et c’est ainsi que l’on peut parler de création de communauté – également – pour les échanges menés sur ces supports numériques et communicationnels. Pour se concentrer uniquement sur le Basketball, chaque consommateur de ce sport sur les réseaux sociaux a vu naître de nombreuses communautés. Elles se témoignent par des échanges menés sur ces médias sociaux et par un fort attachement au collectif.

Qui n’a pas déjà vécu un long débat enflammé à 3h46 durant un match NBA sur le réseau Twitter ? Qui n’a pas apprécié se retrouver devant un live Twitch 100 % Basket un dimanche après-midi et fuir – par la même occasion – son repas de famille ? Qui n’attend pas avec impatience la vidéo du lundi média Trashtalk et savoir ce que l’on va manger le midi même ? Voilà – pour résumer grossièrement – ce que les nouveaux médias ont eu comme effet sur nous dans notre consommation de Basketball. Ce sport n’a jamais été aussi accessible et le temps où nous nous sentions seul à suivre la NBA est désormais révolu. Oui, la communauté Basketball reste légère à l’échelle de la société. Oui, les médias Basketball sont des médias de « niche ». Pour autant, cette niche s’agrandit de jour en jour, se transformant petit à petit en villa pour accueillir tous les fans des diverses communautés de Basketball !

À terme, la communauté virtuelle de Basketball a pour vocation de se prolonger dans la réalité. Les interactions à travers les médias sociaux sont donc là pour relier les individus ensemble, elles ne doivent pas seulement se réserver pour le cyberespace. Des événements où se rejoignent des passionnés de Basketball – appartenant sans le savoir à une même communauté – peuvent se créer. Ces relations peuvent aussi s’organiser dans la pratique de ce sport au sein de club, dans des playgrounds ou autres tournois.

CES ORGANISATIONS QUI ONT DÉVELOPPÉ LEUR COMMUNAUTÉ VIRTUELLE

Dans la sphère basketball en France, QiBasket fait parti de ces médias très communautaires. Lancé il y a bientôt cinq ans, ce pure player se démarque par son contenu destiné à un public d’initié. QiBasket ne traitera pas au quotidien toute l’actualité NBA par des brèves et news en continues. Il ne sera pas non plus celui qui vulgarisera les termes complexes pour approcher des consommateurs peu connaisseurs. L’analyse fine et les récits historiques sont ses principaux soucis et pour permettre cela, Qi Basket s’appuie sur une équipe de spécialiste dynamisant habillement la communauté Basketball en France.

Et justement, QiBasket a lancé en 2019 « Le Cercle ». Dans son envie de réunir sur une même plateforme la communauté NBA entre elle, le média a créé un autre site web accessible via QiBasket qui centralise tous les articles réalisés par les comptes français de franchise NBA, très actifs sur Twitter et sur leur site respectif. Une belle initiative pour se lier les uns aux autres, facilitant ainsi la prise d’informations. Mais ce n’est pas tout ! Depuis deux ans, Le Cercle organise un live marathon caritatif sur une journée où des personnalités de la communauté française passe faire un tour. Des médias, des 2K players ou encore des twittos connus, ils viennent participer à l’événement 100 % Basket et 1000 % positif surtout en période de crise sanitaire ! Un projet aux belles valeurs qui profite au développement de notre sport en France.

Nous parlions à l’instant des « comptes Fr » de franchises NBA. Ces derniers font très largement partie des acteurs de la popularisation du Basketball outre-atlantique à travers l’hexagone. Suivis par – pour la plupart – plus de 10 000 abonnés sur Twitter, ils aident les fans d’une même équipe à s’affilier davantage à leur franchise de cœur. Ils se font parfois le relais des insiders américains et transmettent de nombreuses actualités et informations historiques de la franchise qu’il couvre. Avec ce ton familier qui leur est cher, les plaisanteries, les memes et les débats sont également leur marque de fabrique.

Quelques chiffres du marathon caritatif du Cercle où plus de 7 000€ avait été récoltés pour Les Restos du Cœur en février dernier.

Dans le milieu du Basketball féminin, le média Swish Swish s’est fait sa place parmi les poids lourds des médias de Basketball uniquement ciblés sur les mâles. Swish Swish se réalise justement sur le territoire opposée avec une couverture incroyable et unique en France. Sur son site, ses réseaux ou dans ses podcasts, le contenu déployé est abondant et de grande qualité. Rien de mieux pour développer le Basketball féminin sur le sol français.

Pour en revenir aux fondamentaux de notre sujet, Swish Swish voit croître sa communauté de jour en jour. Et en même temps, quand on s’en donne les moyens, le résultat ne peut être que prometteur. Tout comme l’avait fait Trashtalk quelques années auparavant, Swish Swish a conçu sa Fantasy League à l’occasion de la reprise de la saison WNBA démarrée en mai dernier. Pour encourager la popularisation de la WNBA et ses actrices trop peu connues, il n’y a rien de mieux que de se faire prendre au jeu ! Un nouveau projet attractif, révélant une nouvelle fois ses ambitions de mettre les femmes au premier plan.

De la même manière que les médias utilisent les réseaux sociaux comme un second support pour transmettre leurs informations, les organisations qui font le Basketball en France suivent le pas en assurant leur communication à travers ces mêmes outils numériques. La Fédération française de Basketball s’est admirablement bien positionnée sur les réseaux sociaux pour valoriser toutes ses activités.

Et elle n’a pas fait les choses à moitié ! Si la FFBB a son propre compte sur divers réseaux et qu’elles communiquent les principales actualités nationales qui puissent exister, elle a bien réfléchi à sa stratégie digitale dans son ensemble. Les équipes de France ont leurs propres comptes annexés de ceux de la FFBB. Ils s’intéressent uniquement aux rassemblements et compétitions internationales de nos joueuses & joueurs. Ce compte spécifiquement EDF nous propose par exemple de rentrer dans les coulisses de la vie des Bleus pendant leur préparation, un continu qui plait toujours aux supporters.

La Fédération a repris cette logique dans sa communication du trois contre trois français avec un compte dédié à cette discipline à part entière. En agissant ainsi, la Fédération fait en sorte de ne pas perdre les « consommateurs » de Basketball sur les réseaux sociaux avec trop de contenus différents pour un seul compte. Se disperser comme ceci permet à chaque compte de se développer indépendamment des autres, et donc d’avoir bien plus de contenus à proposer que si son activité était mélangée avec les autres. Un individu peut alors s’abonner à ceux qui lui conviennent le mieux et alors retrouver les sous-communautés affiliées à celle de la FFBB dans lesquelles il s’épanouit.

Durant l’EuroBasket 2021, la FFBB met en ligne quotidiennement des vidéos des coulisses des Bleues durant leur tournoi.

Des organisations ne se contentent pas seulement de diffuser des informations à ceux qui les suivent, elles les font participer dans les débats et tentent de mettre leur parole sur le même pied d’égalité que le leader de la communauté. La NBA, impératrice de la plus imposante communauté de Basketball au monde, a évidemment lancé plusieurs initiatives pour accroître les interactions avec ses fans. Plutôt vu comme un joli coup marketing, le vote du cinq majeurs pour le All-Star Game s’installe comme une tradition qui – souvent critiqués pour la pertinence des choix – donne l’opportunité aux passionnés de la grande ligue d’en être des acteurs et d’avoir le pouvoir. Alimentant une fois de plus les débats, cette activité ludique n’amène, au final, pas de grandes prises de risques sur le choix des sélectionnés puisque la majorité des fans sont doués d’objectivité. La NBA retire en cela des retombées positives au moment où sa ligue connaît une période creuse d’attractivité en janvier.

ET LES PRINCIPAUX INTÉRESSÉS, UN AVIS SUR LES COMMUNAUTÉS ?

Traiter de la médiatisation du Basket-ball sans mentionner l’utilisation des nouveaux médias par les basketteurs eux-mêmes serait un grave oubli. Alimentant articles, images et autres discussions à travers les nouveaux médias par leurs actes sur et en dehors du terrain, ces « stars » participent par elles-mêmes, à la popularisation de leur sport. Les basketteurs professionnels, comme beaucoup de personnes de leur âge (entre 18 et 40 ans), sont fortement présents sur les médias sociaux avec leur compte personnel, et cela de différentes manières.

Chaque support social possède ses propres caractéristiques et l’on ne publie pas le même contenu selon l’outil utilisé. Le sportif professionnel, de plus en plus doué (et accompagné) dans sa communication, le sait très bien.

Sur Instagram d’abord, les joueuses et joueurs sont de véritables images de marque. Les plus connus d’entre eux possèdent de nombreux partenariats avec toutes sortes de produits et de marques, les principales étant le marché des sneakers. Instagram est l’outil souvent sélectionné en priorité par les joueurs pour mettre en valeur la marque à laquelle ils appartiennent. Les organisations sportives telles que Nike, Adidas ou Under Armour ont bien compris l’importance d’utiliser les joueurs eux-mêmes pour faire vendre leur produit, ce n’est pas nouveau, et avec l’avènement des médias sociaux, où la mise en valeur de sa personne est plus que présente, cela est une stratégie payante.

Dans cette même veine du « sportif-influenceur », le réseau YouTube ne se contente pas – dans le milieu du Basketball – d’accueillir des organisations et médias sur sa plateforme. Il y a plus deux ans maintenant, notre Evan Fournier national nous avait gratifié d’une websérie très attrayante nous plongeant dans le quotidien d’un NBAers. L’ex Magic nous avait alors montré ses routines d’entraînements, ses préparations d’avant match, les repas d’après match ou simplement même son lieu de vie. Des images qui, en plus de tous ses commentaires sur son compte Twitter, nous avait rapproché un peu plus encore d’un des meilleurs basketteurs français – exilé dans la ligue la plus suivie du monde.

Tiens, parlons-en justement ! Le réseau social Twitter, qui rassemble les diverses communautés de Basket-ball entre elles, permet à ces professionnels de s’exprimer librement sur n’importe quel sujet, dépassant bien souvent le cadre du Basket-ball et pouvant avoir un regard sur la société qui l’entoure. Lors du mouvement Black Lives Matter ou encore durant les élections présidentielles américaines, les acteurs de la NBA ne se sont pas contentés de dribbler sur les terrains. Conscients de leur importance en tant que sportifs « rock-stars » influents, les basketteurs s’engagent et n’hésitent plus à afficher des messages de soutien, à appeler au vote ou à critiquer les limites et injustices sociales et sociétales.

Les joueurs deviennent alors des leaders d’opinions dans le sens où ils guident les modes de consommation et où ils orientent les modes de pensée. Ces actes peuvent être réalisés indépendamment d’une volonté de manipuler le public utilisateur des réseaux sociaux. Néanmoins, la présence de ces sportifs sur ces moyens de communication puissants permet de rendre publique leurs façons de s’habiller, de se nourrir, de penser, et bien d’autres. Ces dernières deviendront naturellement populaires dans le sens où ce sont des stars qui diffuseront ce type d’informations à leurs millions d’abonnés, qui ne l’oublions pas, pouvant être des jeunes admirateurs s’identifiant à leurs idoles.

 

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Publier sur ses propres réseaux sa dernière paire de sneakers, voilà la communication bien penser de l’influent Stephen Curry !

Et c’est ainsi que ce deuxième numéro se termine. La prochaine fois, nous quitterons quelques peu les médias pour nous intéresser aux actes sur le terrain. En effet, que peut-on communiquer s’il ne se passe rien sur nos parquets ? Le développement de nos disciplines, du 5×5 au 3×3 et chez les hommes comme chez les femmes, passent avant tout par des investissements forts de la part des divers acteurs et organisations qui font notre sport. Des missions plurielles pour un objectif commun : la popularisation du Basketball à travers l’hexagone. Néanmoins, vous le verrez, les nouveaux médias ne sont jamais bien loin !