Peu de fans de NBA pouvaient prédire sur ces dernières années que les Phoenix Suns atteindraient si rapidement les finales de conférence. La manière est elle aussi surprenante. Autour du trio Paul – Booker – Ayton et avec des joueurs importants tels que Mikal Bridges, Cameron Payne ou encore Jae Crowder (pour ne citer qu’eux), c’est toute l’Arizona qui vibre à chaque rencontre. Elle n’avait pas connu les playoffs depuis la saison 2009-2010 et la défaite 4-2 en… finales de conférence. Les Lakers de Kobe avaient étouffé les coéquipiers de Nash et Stoudemire avant de filer en finale pour remporter le seizième titre de leur histoire face aux Boston Celtics.

A l’issue de la saison 2019-2020 et d’une bulle exceptionnelle conclue sans aucune défaite, Phoenix termine avec un bilan de 34-39 et ne parvient pas à atteindre les playoffs. En quête de renaissance, leur besoin le plus évident était de recruter un véritable meneur de jeu d’expérience capable de driver l’équipe sur la durée d’une saison. Les questions étaient d’ailleurs nombreuses au sujet de cette franchise : Le front office parviendra-t-il à faire les bons choix après de nombreuses “erreurs” ? Devin Booker est-il un leader ou un simple scoreur dans une équipe faible ? Le choix de Deandre Ayton au premier choix de la draft 2018 n’est-il pas une catastrophe aux vues des joueurs alors disponibles (Doncic, Young…) ?

De nombreuses bouches ont été fermées cette saison, de nombreuses réponses ont été apportées, à commencer par celles concernant le management. Ce dernier fait le pari ambitieux de transférer Ricky Rubio, Kelly Oubre Jr, Ty Jerome, Jalen Lecque et un premier tour 2022 contre Chris Paul et Abdel Nader. La forte demande au poste 1 est alors réglée d’une bien belle manière. Cependant, et malgré sa saison époustouflante, l’ancien meneur d’OKC se fait vieux (35 ans au moment du transfert) et débarque avec un salaire de 85 millions de dollars sur deux ans (player option pour la deuxième année). Sur le plan sportif, toutes les cases sont cochées. Un patron capable de bonifier le collectif et de faire éclore le talent d’un pivot comme Ayton arrive à point nommé !

PHOENIX SUNS, LE CASSE DU SIÈCLE ?

Cette saison 2020-2021 est une véritable masterclass. La partition écrite par Monty Williams (qui était dans la course au titre de coach de l’année) a été parfaitement jouée par ses hommes. Le bilan élogieux de 51 victoires pour 21 défaites et la deuxième place à l’Ouest en attestent. Phoenix se classe cinquième meilleure attaque à l’offensive rating et neuvième meilleure défense au defensive rating.

Une équipe complète dans laquelle chacun connaît son rôle et l’applique à la perfection à l’image de l’excellente progression de Mikal Bridges et de l’ajout vital de Jae Crowder, finaliste avec le Heat l’an dernier. Mais après une saison aussi éblouissante, les attentes étaient grandes en arrivant au premier tour des playoffs avec l’avantage du terrain. Problème ? En finissant deuxième, l’équipe doit affronter les champions en titre, classés septième en saison régulière à cause des blessures du duo LeBron – Davis.

Au-delà des pépins physiques qui n’étaient pas totalement oubliés côté Los Angeles, les coéquipiers de Devin Booker ont su disposer de l’ogre californien en seulement six matches, synonyme de qualification pour les demi-finales de conférence. Un jeu léché, dans la continuité de la régulière et efficace sur 48 minutes a eu raison des doutes planant au-dessus de la calvitie du King, subissant pour la première fois de sa carrière une désillusion au premier tour des playoffs NBA.

 

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Nous allons maintenant vous poser une question : Qu’est-ce qui peut être aussi drôle que de sortir les champions en titre ? La réponse : Sortir le MVP en titre. Ce sont bien les Nuggets qui débarquent à Phoenix pour le Game 1, avec l’espoir de faire bonne figure en l’absence de Jamal Murray, blessé gravement en toute fin de saison. Mais le sport est cruel et les Suns n’ont jamais laissé aux Denver Nuggets la chance d’y croire… quatre matches plus tard, l’équipe atteint les finales de conférence et Jokic est en vacances !

Les adversaires des Phoenix Suns ne sont pas encore connus à l’heure actuelle. Qui des Clippers ou du Jazz parviendra à créer l’écart pour continuer l’aventure ? Qui connaîtra une nouvelle fois un revers après une saison pleine d’attente ? Nous le saurons dans les prochains jours, mais l’équipe qui sortira vivante de cette bataille devra continuer la guerre face à des soldats avides de sang. Les qualités des hommes de Monty Williams sont passées du stade de surprise à celui de certitude. Ils veulent aller le plus loin possible et ont les armes pour. Une chose est sûre : ces playoffs sont exceptionnels et nous avons hâte de voir de nouveaux matches à haute intensité ensoleillés par Phoenix !