Russell Westbrook, James Harden, LeBron James, Dwyane Wade… ces sportifs éblouissent les passionnés de basketball par leur talent balle en main, mais c’est aussi pour leur personnalité et leurs actions en dehors du terrain qu’ils sont adulés et vénérés.

Chaque élément de leur jeu est travaillé à l’entraînement, leurs déclarations réfléchies et leur style étudié. Leur volonté ? Se sentir bien dans leur peau, que ce soit sur le parquet devant des milliers de fans ou dans le couloir avant d’arriver au vestiaire. Pourtant, si vous pensiez que, de tout temps, les joueurs pouvaient s’exprimer à travers des looks plus recherchés les uns que les autres, alors vous aviez tout faux.

allen iverson révolution
Sur et en dehors du terrain, Allen Iverson c’était un style inimitable !

Plusieurs personnalités du monde de la balle orange ont marqué de leur empreinte l’histoire de la grande ligue. Mais lorsqu’on parle de sape, de tatouages, de bijoux, de hip-hop et d’affirmation de soi, un nom vient forcément à l’esprit. La réponse ? The Answer.

C’est toute la génération And1 Mixtape qui doit avoir un sourire jusqu’aux oreilles. Si vous en faites partie, vous lisez probablement cet article avec un beau maillot rétro, un short large, une paire de Reebok, une casquette à visière plate et une grosse chaîne en or ! Si ce n’est pas le cas, c’est que vous êtes devenus bien trop sérieux avec le temps.

« Je ne voulais pas ressembler à Michael ou Magic, je voulais être AI. Il représentait tout ce que voulaient être les gamins noirs et ça résonnait chez tous les enfants des quartiers défavorisés » LeBron James

Revenons en 1996, quand les Philadelphia 76ers sélectionnaient un jeune guard d’1m83 à la première position de la draft. Cette année-là, on évaluait à environ 35% le nombre de joueurs tatoués en NBA. Aujourd’hui, nous atteignons 55%. Mais cela n’est qu’une mise en bouche des nombreux changements que va provoquer le natif de Hampton.

Le 21 janvier 2001, souffrant d’une gêne au coude, AI demande à Lenny Currier, le préparateur physique de l’équipe de lui trouver quelque chose pour calmer la douleur. Ce dernier fabrique alors un pansement de fortune en découpant un morceau de bas de contention de la taille du bras du joueur. Il plantera alors 51 points sur les Raptors et ne quittera plus jamais son nouvel accessoire. En novembre 2015, le Wall Street Journal évalue à 65% le nombre de joueurs ayant porté au moins une fois un manchon alors même qu’ils ne ressentaient aucune douleur. Merci Lenny Currier.

En 1997, après avoir imposé ses cornrows (tresses) à une ligue qui cherche à se donner une image propre et familiale, c’est avec un durag que le jeune prodige vient chercher son titre de Rookie de l’année. Persuadé qu’il s’agit d’un signe de gang, David Stern, commissaire de la NBA à cette époque, est furieux. Il convoque expressément Pat Croce, président des 76ers, qui lui explique tant bien que mal qu’il s’agit là d’un accessoire de mode.

Un simple bout de tissu posé sur la tête d’un homme a provoqué une réunion de crise dans le bureau du grand patron. N’en déplaise aux hommes en costume, le hip-hop est là. Il a intégré la NBA et a conquis les fans. L’écrivain Todd Boyd a appelé ce phénomène le “hip-hop ball”. Dans sa biographie sur The Little Big Man, nous pouvons lire: “Je pense que le hip-hop représentait tout pour lui, il lisait son histoire à travers chaque rime de Biggie ou de Big Daddy Kane, c’était la bande-son de sa vie.”

L’effervescence autour du hip-hop oblige même les dirigeants à imposer un dress code en 2005, une décision qui sera très mal reçue par la plupart des joueurs, Ankle Breaker en tête de file déclarant à un journaliste : “Vous pouvez mettre un costard à une mauvaise personne, ce sera toujours une mauvaise personne.”

 

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D’autres légendes du sport ne peuvent que lui rendre hommage tant il les a marqués comme Chris Paul : “Il était tout pour moi, il a eu plus d’influence sur le basketball que quiconque. Les manches que les joueurs portent sur eux, ça vient de lui. Certains les portent pour le style mais c’est lui. Quand j’étais petit je voulais des tresses à cause de lui. Mon numéro 3 et la façon dont je joue, c’est à cause de lui.”

LeBron James ne cache pas non plus son admiration pour le joueur : “Je ne voulais pas ressembler à Michael ou Magic, je voulais être AI. Quand j’étais gamin, c’est à cause de lui que je voulais porter une manche ou me faire tatouer. Je le trouvais génial avec son bandeau, sa manche et ses tatouages. Il représentait tout ce que voulaient être les gamins noirs et ça résonnait chez tous les enfants des quartiers défavorisés.”

Si Jordan était le fond, Allen Iverson était la forme. Et si nous n’avions pas cité son nom plus tôt, c’est simplement qu’il était la représentation et le modèle de toute une génération. Iverson n’est pas seulement Iverson. Il est bien plus qu’un joueur de basketball dominant son sport dans le début des années 2000, bien plus qu’une ligne dans l’historique des MVP. Il est plus qu’un champion sans bague, plus qu’un révolutionnaire : il est la légende, la révolution. Il a élevé et éduqué des millions de jeunes de quartiers pauvres et défavorisés. Il est la preuve que l’on peut réussir dans la vie, peu importe d’où l’on vient tout en restant soi-même. Allen Iverson a choisi le sport pour s’exprimer, et aujourd’hui, nous ne pouvons que l’en remercier.