Celui que l’on surnommait « le p’tit Pelous » a bien changé, tout comme son sport. Ce rugby, qu’il aime tant, peut parfois prendre beaucoup en retour. C’est devenu une évidence le 5 Décembre 2015 quand  la tête de Fabrice Metz se plante dans la pelouse à la suite d’une mêlée. Il joue alors pour Oyonnax et prend conscience de la fragilité d’une carrière de sportif de haut niveau. Le déclic pour « préparer » l’après-carrière. Mais à 27 ans, le robuste (1m97) deuxième ligne de la Section Paloise, qui compte une sélection en Équipe de France, n’a pas fini de découper ses adversaires. Véritable machine à plaquer (parlez-en aux Toulonnais), Fabrice s’éclate sur les terrains du Top 14 en savourant chaque instant de sa vie de rugbyman professionnel. La récompense ? Un début de saison remarquable avec Pau avec notamment une performance XXL contre le RC Toulon et une place dans l’équipe-type Rugbyrama.

Toujours un coup d’avance ! En dehors des terrains Fabrice est un chef d’entreprise. L’entrepreneuriat, c’est une affaire familiale chez les Metz. Son entreprise spécialisée dans la découpe de bois et les énergies renouvelables en Alsace, c’est avec son frère qu’il la monte. Fabrice Metz, c’est une autre façon de voir la vie et son sport. Aujourd’hui plus apaisé (et jeune papa), il nous parle de sa passion, le rugby et de sa deuxième casquette : chef d’entreprise. Son autre métier comme un exutoire pour garder la tête sur les épaules.

FABRICE METZ, UN GLADIATEUR AU STADE DU HAMEAU

Peux-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Je suis Fabrice Metz, 2ème ligne de la Section Paloise depuis 2 saisons maintenant. Je suis Alsacien (né à Strasbourg) et très fier de l’être (#TeamBretzel sur les réseaux sociaux). J’ai été formé au Racing 92 avant d’être prêté une saison à Oyonnax puis de signer définitivement à Pau. Je suis également chef d’entreprise dans le bois et les énergies renouvelables.

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Fabrice Metz affronte le Stade Français Paris avec Pau.

Sur le terrain, tu joues deuxième ligne. Peux-tu nous parler des spécificités de ton poste ?

Les spécificités ? Être performant en touche, conquérant en mêlée, efficace sur les plaquages. Être présent et « propre » sur toutes les phases de conquête. C’est un poste parfois « ingrat » mais dans lequel je m’épanouis pleinement. On ne s’ennuie jamais !

Quel style de deuxième ligne es-tu ?

Je me considère comme un travailleur de l’ombre, utile à l’équipe. Mais j’essaie de travailler ballon en main, pour faire avancer le bloc et apporter ma pierre à l’édifice sur les phases offensives.

Quel est l’aspect de ton métier de rugbyman professionnel que tu préfères ?

Le fait de connaître l’ambiance d’un stade, depuis la pelouse. Un peu à la manière de gladiateurs. Le fait de se frotter contre les meilleurs joueurs et équipes tous les week-ends est également excitant. C’est un défi permanent et j’adore ça.

Ta saison 2017/2018 s’est brutalement arrêtée en Février à cause d’une blessure à une cheville. Comment gères-tu les blessures qui sont fréquentes dans ton sport ?

Déjà, je ne suis pas souvent blessé. Il faut se dire que ça fait partie du jeu. Il faut l’accepter pour mieux vivre les moments d’inaction. Sinon on se tire une balle dans le pied je trouve. C’est aussi un moment pour travailler sur d’autres parties du corps ou du jeu. Il faut voir le positif, et vouloir s’améliorer sans cesse. Sinon, autant arrêter. J’ai aussi une petite fille à la maison depuis quelques mois. Donc j’ai pu profiter d’elle, et remplir mon rôle de papa.

À cause d’une actualité douloureuse, la question des blessures et commotions cérébrales a pris de l’ampleur dans ce début de saison. Quel est ton avis sur les réformes qui sont envisagées ?

Ça me semble bien et normal que les autorités prennent des mesures pour protéger l’intégrité des joueurs. Notre sport et ses acteurs évoluent, il faut probablement que le règlement et certaines structures de jeu évoluent également.

Plus personnellement, si tu devais proposer une mesure pour « protéger » un peu plus les joueurs, ce serait laquelle ?

Je trouve qu’il y a déjà pas mal de réflexion autours de ce sujet d’actualité. Je n’ai pas d’idée précise. C’est difficile de répondre à cette question, même si c’est nécessaire, pour que notre sport perdure et s’ajuste.

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Fabrice Metz portant le maillot de la Section Paloise en Top 14.

FABRICE METZ, UN CHEF D’ENTREPRISE AU SERVICE DE SON ALSACE NATALE

En quoi ta grosse blessure à la tête/cou en Décembre 2015 une grave blessure aux cervicales sur une mêlée lors d’un match Oyonnax vs Toulouse) a joué sur tes choix de vie ?

Suite à cette accident, j’ai été conforté dans l’idée qu’il fallait que je trouve une reconversion, une option B. Au cas où ma carrière de rugbyman devait s’arrêter du jour au lendemain. Ce sont des réflexions importantes. Et je ne regrette pas puisque aujourd’hui, j’ai créée ma société (familiale) Metz Bois Energie, qui fait du déchiquetage de bois et de la vente de bois/bûche.

Il faut profiter de notre situation privilégiée pour préparer l’avenir. Se réveiller à 30-35 ans et se demander ce qu’on va faire après le rugby, ce n’était pas envisageable pour moi.

Avec ton frère tu as lancé une entreprise de découpe de bois. Comment est née cette idée ? Le choix de travailler le bois c’est fait naturellement ?

L’idée a germé quand j’étais au Racing, lors de ma deuxième année professionnel. Il fallait que je trouve une occupation, un projet, pour ne pas penser qu’au rugby, et au fait que je jouais très peu. Psychologiquement, ça m’a beaucoup aidé. Le fait de travailler en famille me plaît également. Je suis très « famille ». Ensuite, j’ai toujours été attiré par le bois et l’écologie. Mon projet a vite germé et s’est rapidement matérialisé. Et je ne regrette pas du tout ce choix de vie, qui me permet d’avoir une plus grande stabilité. Je pense même que cette activité hors rugby me permet d’être plus performant le week-end sur le terrain.

L’entreprise familiale se situe dans ton Alsace natale. C’était important pour toi de t’implanter à nouveau dans cette région ?

Oui, je suis très attaché à ma région, très chauvin (vous pouvez le voir jusque sur mes réseaux sociaux). Il n’a jamais été question de créer ma société ailleurs qu’en Alsace.

Dans ton quotidien, comment tu combines tes deux métiers ?

Je m’occupe surtout de la société les jours off et dès que je n’ai plus d’entraînements. C’est un rythme à prendre, mais encore une fois, c’est un pur bonheur de combiner les deux ! Je m’épanouis complètement dans cette organisation. Jusque dans la gestion du stress et des moments plus compliqués, cela me permet de prendre du recul, d’être plus lucide et de prendre de meilleures décisions, sur le terrain comme en dehors.

Tu comptes 1 sélection en EDF. Tu penses encore à l’équipe de France ou tu penses que Jacques Brunel ne va pas retrouver ton numéro de téléphone ?

Avant de penser à ça, il faut que je joue régulièrement et que je sois performant dans le rôle qu’on me demande de jouer. Une fois que ces critères sont respectés, il me semble que mes chances seront plus grandes. À moi de faire le boulot. Nous verrons par la suite !

Tu viens de recommencer la saison avec la Section Paloise dans la peau d’un titulaire. Que peut-on te souhaiter pour la saison à venir ?

Enchainer les bonnes performances et les victoires tout en évitant les blessures. Avec tout ça, je pense que je serais un rugbyman comblé.

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Fabrice Metz sous les couleurs de son ancienne équipe, Oyonnax.

QUESTIONS CASH À FABRICE METZ

Le plus méchant ? Bakkies Botha (ancien international Sud-Af et Champion du Monde)

Le plus talentueux ? Daniel Ramsay (2ème ligne Néo-Z à la Section Paloise)

Le plus chambreur/drôle ? Eddy Ben Arous (Pilier au Racing 92)

Le plus professionnel ? Julien Pierre (ancien 2ème ligne à la Section Paloise)

Le meilleur coéquipier ? Joker, ils le sont tous. Eddy Ben Arous 😉

Le meilleur coach ? Fabien Rozier (mon formateur en Alsace, à l’école de rugby Mutzig Ovalie Molsheim. Il vient souvent me voir à Pau. J’ai gardé un lien très fort avec lui.

Meilleur souvenir / Pire souvenir ? Mon premier match en professionnel contre Castres / Ma blessure aux cervicales à Oyonnax contre Toulouse.

Si vous aimez le rugby et les grands gaillards, alors retrouvez notre rencontre avec Marco Tauleigne, troisième ligne de l’Union Bordeaux-Bègles.