Lorsque l’on se décide à pratiquer un sport, le mieux est d’avoir au préalable un tant soit peu étudié la discipline choisie et d’avoir une certaine attirance pour cette dernière, sans quoi, très vite, la motivation pourrait chuter. Lorsque l’on parle de son sport, voire de ses sports, pour certain cela tient véritablement d’une passion, d’un art de vivre, alors que pour d’autres, il s’agit davantage d’un passe temps ou d’une simple manière de s’entretenir.

Cet article n’a pas pour vocation de désigner laquelle de ces deux façons de pratiquer est la plus intéressante ou la plus respectable, il n’a pas non plus été écrit dans l’optique de vous présenter dans le détail telle ou telle discipline. Son objectif est plutôt de vous aider à faire la part des choses entre la recherche de la performance à tout prix, la compétition forcenée et le dépassement de ses limites, en opposition à la pratique plus humble qui consiste à simplement avoir une vie saine, à perdre du poids et/ou à se vider l’esprit.

LA PRATIQUE DU SPORT INTENSIVE ET EN CLUB, POUR CELLES ET CEUX RÊVANT DE TRÈS HAUT NIVEAU.

Combien sont celles et ceux qui, lorsqu’ils découvrent le sport au plus jeune âge ou dans la fleur de ce dernier, se sont imaginé(e)s régner sur la discipline ou tout du moins atteindre les sommets de ce qui se fait en la matière ? Petits garçons ou petit filles, adolescents ou adolescentes, jeunes adultes en mal de défis divers, qui n’a jamais rêvé d’intégrer l’équipe nationale ou de participer à ce qui se fait de mieux en matière de compétition dédiée ?

Participer à un tournoi du grand Chelem au tennis, au tournoi des VI nations au rugby, à une Coupe du monde au football, au volley-ball, au basket-ball, au hockey sur glace ou au handball, pour les sports collectifs les plus en vue… Intégrer le cercle très fermé des meilleurs grimpeurs du monde en escalade, des fameux Iron Man qui se destinent à des tri-athlètes hors pairs, aux meetings de la Ligue de Diamant pour les athlètes de la piste, aux tournois mondiaux pour les judokas…

Autant d’accessits réservés à une élite triée sur le volet, mais qui bercent et qui rythment la vie de milliers de pratiquants, toutes disciplines confondues, car le statut de sportif de très haut niveau est un véritable rêve que la société moderne transcende en véritable statut de héro, notamment grâce aux retransmissions sportives toujours plus nombreuses et suivies dont nous abreuvent les médias jour et nuit !

La question qu’il faut d’emblée se poser lorsque l’on se met à la pratique d’un sport donné, c’est de savoir si l’on est plutôt une personne tournée vers la performance individuelle et le dépassement de soi seul face à soi-même (même si certains sports individuels proposent tout de même une opposition directe, évidemment…), ou bien si l’on est davantage attiré par la notion de groupe et de partage de l’effort en équipe, auquel cas le sport collectif semble tout désigné.

Chacun doit pouvoir se situer par rapport à cette envie assez facile à définir, et bien entendu, il est important dans un premier temps, de goûter à plusieurs discipline (sauf coup de foudre, évidemment…car c’est aussi possible), notamment pour les plus jeunes, avant de se forger son opinion et de sentir quel sport nous transcende vraiment.

Au fond, l’intérêt de tout sport réside en sa propension à nous faire toucher à des valeurs qui nous correspondent, c’est ainsi que l’esprit de corps revêt une importance capitale dans l’ensemble des sports dits d’équipe. Ainsi, pour peu que votre caractère penche plutôt vers l’effort solitaire, vers l’idée que la performance est affaire uniquement de vos capacité et non d’une alchimie voire d’une synergie entre les individus, alors optez pour un sport individuel qui se marie au mieux avec votre sensibilité, vos envies, votre environnement de prédilection (neige, eau, plein air, intérieur…) et bien entendu, votre physiologie.

Entre le trail de haut niveau, le biathlon, le ski (de fond ou de piste), les dizaines de disciplines placées sous l’égide de l’athlétisme, le judo (nos dojos comptent parmi les meilleurs coachs de la planète) et tous les sports de combats (boxe, kick- boxing, karaté, taekwondo, lutte, etc.), l’escrime (la France possédant parmi les meilleurs maîtres d’armes du monde), la gymnastique, le patinage, le cyclisme, l’escalade, le tir sportif (arc, pistolet, carabine…), le golf, la natation, le tennis (et celui de table !), le badminton, le kayak, l’haltérophilie… le choix est vaste !

Si au contraire, c’est l’émulation au sein d’un collectif qui vous anime et vous attire le plus, et bien encore une fois les choix sont multiples, car vous avez la chance de vivre dans un pays extrêmement bien doté en matière de fédérations et d’infrastructures dédiées… Encore une fois, en fonction de votre environnement préféré (intérieur ou plein air, etc.), vous pourrez opter pour le rugby, le football, le basket-ball, le handball, le hockey ou encore pour un tas d’autres disciplines certes moins connues et médiatisées, mais non moins passionnantes telles que le Rink Hockey, l’ultimate frisbee, le polo, le football en salle, le football américain, le beach soccer ou volley, le cricket, etc.

pour quel sport êtes-vous fait ? running grounds
Crédit photo @ Braden Collum.

LA PRATIQUE DU SPORT POUR LE LOISIR, L’ENTRETIEN ET LA PASSION NON DÉVORANTE (EN CLUB OU NON)

Une nouvelle fois nous tenons à insister sur le fait que ce n’est pas parce que vous ne rêvez pas de devenir professionnel que pour autant, la pratique de votre sport favori doit être taxée de moins passionnante, de moins ceci ou de moins cela… C’est parfois une question de choix de vie, de priorités et parfois aussi fonction de facteurs divers tels que l’âge par exemple… Comprenez bien que ce n’est pas en découvrant tel ou tel sport à l’aube de vos 40 ans que vous pourrez prétendre à devenir recordman du monde, ou champion de France, quel que soit votre talent à la base !

Après avoir traité du choix de votre sport en fonction de vos objectifs et de vos ambitions dans la discipline, à présent nous allons donc nous tourner vers la pratique dite de loisir, ce qui ne signifie pas que vous allez nécessairement vous cantonner à des disciplines de pantouflards ou à des performances bas de gamme…ceci est l’affaire de chacun et de chacune, et des efforts qu’il faut être prêt à consentir lors de la dite pratique.

Une des premières questions à se poser est la même… Allez-vous naturellement vous diriger vers une discipline individuelle, ou bien allez-vous chercher à pratiquer un sport collectif ? Pour le reste, contrairement à la pratique sportive pour envisager faire carrière, différentes variables doivent être prises en compte, en dehors du pur attrait pour tel ou tel sport. Évidemment, avant toute autre chose, un bilan médical doit être dressé, dans la mesure où votre activité sportive n’est pas nécessairement encadrée par une structure ou une fédération à proprement parler. Il en va donc de votre santé que d’en référer à votre médecin traitant avant de vous lancer dans telle ou telle activité, et sans son aval, ayez la sagesse de vous abstenir !

Voici quelques règles à observer, quelques fondamentaux dont on ne peut pas se départir, sans risquer de se faire plus de mal que de bien… Nous allons considérer que si vous êtes encore très jeune (jusqu’à 40 ans), et bien il n’y a pour ainsi dire aucune contre-indication à la pratique de quelque sport que ce soit. Toujours avec l’aval du médecin (ou du club), libre à vous dans ce cas de trancher en fonction de votre attirance pour la discipline de votre choix, par simple curiosité et envie de découverte ou pour quelque autre raison que ce soit… Il n’y a pas besoin de s’étendre sur cette situation précise, simplement nous insistons sur le fait qu’il faut savoir en profiter.

Car vous n’aurez pas le temps de dire « Ouf » avant que ne sonne le carillon des 40 ans, âge à partir duquel on commence à considérer certaines disciplines comme moins appropriées, pour ne pas dire à risques. Tout d’abord, il faut commencer par une période de remise en forme, pour peu que vous n’ayez pas pratiqué continuellement telle ou telle discipline. Remettre en route le cardio et se reforger une musculature permettant d’encaisser l’effort est un prérequis ; il s’agit de réveiller le corps et de le remettre sur les rails d’une forme digne de ce nom. En fonction de l’état de vos articulations, tâchez de ne pas choisir un sport qui sera traumatisant, privilégiez le vélo, la natation, l’aviron par exemple, si vos chevilles, vos genoux ou vos hanches ont déjà souffert par le passé.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à 40 ans, autant les efforts sur le long cours sont tout à fait envisageables, puisque l’endurance est au sommet du pic qu’elle connaîtra jamais, autant les efforts violents commencent à poser problème, au niveau des fibres musculaires et des ligaments par exemple. Ainsi, pour éviter toutes sortes d’accidents, nous déconseillons fortement les disciplines qui font la part belle aux efforts intenses (sports de force ou de très haute intensité…), votre corps n’a plus la même capacité à encaisser ce type de contraintes, alors privilégiez les sports dits « de charge », comme la course à pied, le vélo, la marche sportive, ou bien les sports collectifs mais à intensité maîtrisée.
De nombreux clubs font la part belle aux aînés de leurs membres. Ils possèdent donc une équipe de vétérans, et ce n’est pas une insulte que d’incorporer leurs rangs, au contraire, vous pourrez vous faire plaisir en réduisant très sensiblement les risques de blessures. Évidemment, il existe tout un arsenal de cours spécifiques pour les personnes ayant dépassé la barre fatidique des 40 ans et au-delà.
Ainsi, à 50, 60, voire même 70 ou 80 ans, il est tout à fait envisageable de continuer à exercer une activité sportive de loisir. La natation est souvent plébiscité par les kinés et les ostéopathes pour ce public désireux de garder la forme sans risquer de se faire mal. Le vélo l’est également et les exercices de fitness à intensité dosée sont aussi tout à fait adaptés, mais nous recommandons de les faire dans une salle avec l’accompagnement d’un professionnel, qui saura vous diriger s’agissant des positions à tenir et de l’intensité des efforts à opérer.
C’est par ailleurs un marché en pleine expansion que celui des seniors et il est certain que vous pourrez trouver tout l’équipement nécessaire pour pratiquer depuis chez vous, une fois que vous aurez compris les rudiments du « comment forcer » sans « trop forcer » !
Pour quel sport êtes-vous fait ? Surf grounds
Crédit photo @ Jeremy Bishop.

La pratique d’un sport est un véritable moyen de s’équilibrer au quotidien et fait du bien (les quadra en bonne forme physique ont 37 % de chance en moins de mourir d’un accident vasculaire cérébral, d’un cancer ou d’une crise cardiaque avant 60 ans !). Pour certains c’est même plus que cela, c’est une façon de vivre et de s’affirmer en tant qu’individu au sein de la société. Mais avec le temps et en fonction de sa propre santé (qui peut être fragile), il est primordial de savoir doser l’effort et peut-être même de recentrer son activité autour d’une discipline qui correspondra mieux à l’état général de notre organisme, qui, quoi que l’on en dise, n’est plus le même à 40 ou à 50 ans que lorsque nous flirtions avec les 20 printemps !

Toujours informer son médecin de sa pratique sportive du moment ou souhaitée, lorsqu’elle n’est pas encadrée par un club ou une structure, c’est un passage obligatoire, et un peu de bon sens ne fera pas de mal non plus ! Les limites que vous refusez de vous poser, votre physiologie les posera pour vous à un moment ou à un autre, alors le mieux est peut-être de savoir canaliser ses efforts avant que votre corps vous rappelle à votre condition, c’est aussi ça la sagesse, la connaissance de son corps et de ses limites.

Par Romain Pillard Crédit photo de couveture @ Abigail Keenan.