À l’heure où l’équipe des New York Red Bulls reprend le chemin de l’entraînement en Floride, nous avons discuté avec Florian Valot de son parcours de jeune footballeur en France ainsi que les raisons qui l’ont poussé à tout quitter pour vivre le rêve américain. Un rêve qui devient réalité aujourd’hui. Mais il faut connaître le parcours de Florian pour comprendre que ce jeune homme ne baisse jamais les bras. Il a quitté la France sans se retourner sur ses échecs mais bien en s’en nourrissant. C’est un battant qui a bien mérité d’être footballeur professionnel. Mais le chemin vers la gloire est encore très long. Il le sait.

FLORIAN VALOT, L’APPRENTISSAGE DU FOOTBALL ENTRE PARIS ET MONACO

La vie de Florian prend un premier tournant quand il est recruté par le PSG en 2008 après un tournoi avec la sélection des Yvelines. Une opportunité qui ne se refuse. Il intègre le centre de formation durant 2 ans et demi. Mais son histoire avec Paris doit se terminer. Il rejoint alors le centre de formation de l’A.S Monaco. Une voie moins classique mais qui lui permet de rejoindre une des meilleures formations françaises et d’apprendre son métier de footballeur avec la réserve du club. 

3 années en Principauté et l’espoir de signer un contrat professionnel. Mais quelques contre-performances et l’arrivée d’un nouvel actionnaire richissime freine son rêve. « À l’époque, je n’étais pas prêt. La décision fut dure à accepter mais c’était la bonne ». Florian quitte donc le club monégasque à la recherche d’une nouvelle destination. Mais les essais en France et à l’étranger ne se passent pas comme prévus. Devenir footballeur semble alors un rêve inatteignable. Florian se trouve alors un petit boulot.

L’IMPASSE EN FRANCE ET LE CHOIX DE L’EXIL POUR RÊVER ENCORE

Mais ce n’est pas dans l’ADN de Florian de baisser les bras. Il réalise rapidement qu’il doit continuer de croire en lui. Il reçoit alors une invitation de la part FFFUSA / Elite Athlètes. Une compagnie responsable d’envoyer des jeunes sportifs dans des universités américaines. Curieux, Florian accepte de participer aux deux jours de détection afin d’intégrer une Fac aux États-Unis en tant que sportif. Le choix de partir devient alors une évidence pour Florian. Il fallait un nouveau départ, il fallait quitter la France. « Décrocher un diplôme aux USA tout en jouant au Football … Quelle chance dans un moment où je me sentais perdu ».

Les universités américaines raffolent des jeunes footballeurs français en quête d’un nouveau défi. Ils ont du potentiel et de la volonté. Pendant ces deux jours de détection, ce sont les coachs d’universités qui se déplacent en France. Ils viennent faire leur marché. Le niveau d’études est important. Tout comme on demande à un sportif d’être régulier dans ses performances sur le rectangle vert, les performances scolaires sont essentielles. Si les notes ne répondent pas aux attentes, vous ne pouvez pas prendre part aux matchs de la saison. C’est aussi simple que ça. La carotte et le bâton. Un peu primaire mais diablement efficace.

Suite aux détections, Florian est approché par de nombreux coachs afin d’intégrer leur programme. Ce joueur technique et talentueux a un profil qui plaît beaucoup. Mais une seule Université retient son attention. Aussi bien sportivement (Top 10 aux USA) que scolairement (programme reconnu aussi bien sur le plan national qu’international) le projet est intéressant. Mais malheureusement tout va capoter pour quelques crédits manquants. Une fois de plus, Florian doit faire face à un contre-temps. Mais encore une fois, il va rebondir !

UN EXIL AMÉRICAIN SALVATEUR POUR FLORIAN VALOT

Florian a toujours aimé voyager. Malgré quelques doutes, c’est l’excitation qui domine au moment de découvrir une nouvelle culture. Un nouveau départ pour lui. Il a fait son choix, il jouera pour les Broncs à l’université de Rider. Il débarquera dans le New Jersey. Mais le décor ne lui ait pas totalement inconnu. Il a déjà visité New York quelques années auparavant. Et pourtant une fois sur place, tout lui paraît plus grand, plus impressionnant. Mais l’intégration se fait rapidement. Les américains de l’équipe l’accueille comme l’un des leurs et il se fait vite une place sur le campus. « Le frenchie qui fait gagner l’équipe le week-end », ça aide !

Aujourd’hui, il n’a pas de rancoeur envers sa formation française. Mais bien de la reconnaissance. Des coéquipiers, des éducateurs pour l’aider à atteindre son rêve. S’il devait donner un conseil à un footballeur dans l’impasse en France ? Ne pas hésiter et foncer. Il y a une vie après l’Europe. Mais il ne faut pas vouloir brûler les étapes. « Le parcours est long et encore plus dur pour les étrangers. Il faut rester humble et avoir envie d’apprendre et travailler ». On ne devient pas joueur de MLS en un claquement de doigts. Ça se mérite. Florian Valot ne le sait que trop bien. La leçon à retenir est la suivante : ne jamais baisser les bras si l’on croit en son rêve. Il y a des centaines de façons de devenir footballeur pro.

L’exil fut salvateur pour Florian. Il le dit lui-même, « Ce fut la meilleure décision de ma carrière. J’ai grandi en tant qu’homme mais également en tant que joueur. Je peux enfin dire que je suis prêt pour le haut niveau ».