Cristiano Ronaldo ou Messi ? Nadal ou Federer ? LeBron James ou Jordan ? Qui est le meilleur de tous les temps ? Une question anodine en apparence mais qui déchaîne les passions ! Il s’agit de déterminer qui est le GOAT. Vaste question …

Entre amour pour un sport et peopolisation des athlètes, le débat sur le Goat enflamme les discussions concernant la NBA, le tennis ou encore le foot moderne. Qui est le meilleur dans son sport ? C’est bien la question que nous nous posons ici. Mais au fond est-ce vraiment important ? Pour nous, il est grand temps de mettre un terme à ce débat stérile.

LE GOAT : UN DÉBAT VENDEUR MAIS … STÉRILE

Inventé pour Ali, le titre de Goat récompense un individu, sa carrière et l’empreinte indélébile qu’il laisse sur son sport. Un titre symbolique qui est là pour la gloire, l’éternité. Quand, par ses résultats et ses actes, un athlète dépasse sa discipline et devient l’incarnation-même de son sport. À l’origine, ce n’est pas un débat mais bien un titre … Sir « Goat » !

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« The Greatest » originel ! Muhammad Ali qui terrasse Sonny Liston.

Mais c’est devenu un débat. Un débat avec un pouvoir médiatique immense. Ça ne fait aucun doute. Les débats sur le Goat fleurissent. Les médias en raffolent. Il faut faire le buzz et dans ce style un pro-nadal versus un pro-federer c’est de l’or en barre pour les médias. « Vous ne pourrez jamais dire qui est le plus grand de tous les temps. Pour moi, c’est plus pour le public, raconter des histoires et créer de la hype. » Michael Jordan

MJ a bien raison et les réseaux sociaux sont sûrement responsables de l’emballement de ce débat … et de ses dérives surtout ! (On parle de toi Twitter !) Car le débat sur le Goat en soit n’a rien de néfaste ou de dangereux. Mais quand il tombe entre de mauvaises mains alors la question se transforme en pugilat où chacun défend sa cause. La quête du buzz fait du mal au sport que nous aimons. Maintenant on déteste les gilets jaunes … et ceux qui aiment Nadal. Absurde mais c’est le monde dans lequel nous vivons. On s’oppose, on s’affronte pour marquer son territoire.





Nadal ou Federer ?
Cristiano Ronaldo ou Messi ? LeBron James ou Jordan ? Si on aime le tennis alors on aime les deux. La question ne se pose même pas. Ce constat vaut aussi pour le football et le basket. Mais chacun défend sa paroisse et on en arrive à des situations dénuées de tout sens. Comment on peut aduler Cristiano Ronaldo et haïr Messi ? Car oui, il est définitivement question de ça. Un choix proche du fanatisme. Avoir un avis sur le caractère d’un sportif ? Ok. Mais de là à dénigrer ses performances. C’est là que le bas blesse …

Le Goat. C’est une distinction dépourvue de la notion d’équipe selon toute vraisemblance. Ça peut avoir du sens dans un sport individuel comme le tennis mais pour un passionné de jeu et de tactique dans un sport collectif ce débat peut vitre prendre des allures de fête foraine. Et si on classifiait les sportifs par époque. Ça nous aide un peu ?

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Une question qui déchaîne toujours les passions sur Twitter : Qui est le GOAT entre MJ et LeBron ?

« GOTD » OU « GOAT », MÊME COMBAT ?

« Greatest of The Decade » ou « Greatest of All Time » ? Le GOTD semble plus opportun quand il s’agit de sport. Les époques amènent avec elles leurs lots de nouveautés et de spécificités. Une discipline évolue et les champions avec. C’est une évidence. Comment un sportif peut se placer au dessus de décennies d’exploits et de performances ? Vous vous voyez demander au Roi Pelé qui est le GOAT entre Messi et Ronaldo ? (la bonne réponse c’est NON)

Car il s’agit bien de ça ! N’est-ce pas une insulte faite aux athlètes qui ont fait rêver des générations de passionnés. Carl Lewis, Pelé, Maradona, Magic Johnson et bien d’autres … Rayer des tablettes ? Les stats sont peut-être extraordinaires mais les émotions restent. Mon père se rappellera toute sa vie du jour où il est monté sur le toit du Parc Lescure pour voir jouer le Roi Pelé. Il y a de la place pour DES légendes !

« J’ai gagné 6 championnats et Bill Russell en a gagné onze. Est-ce que ça rend Bill Russell meilleur que moi ou moi meilleur que lui ? Bien sûr que non parce que nous avons joué à une époque différente. Donc, lorsque vous essayez de déterminer qui est le plus grand de tous les temps, c’est injuste. » Michael Jordan

Mais si cette distinction peut aider dans certains sports comme le basketball (90’s Jordan 00’s Kobe, 10’s LeBron), il ne résout pas la question des footix qui se battent pour savoir qui est le plus fort entre le cyborg portugais et le génie argentin. Ou même du tennis. Alors finalement, on en revient à la case départ.






On peut alors imaginer des
duels pour la postérité. Kobe Bryant lui-même demande une « capsule temporelle » pour affronter Jordan. Des affrontements imaginaires entre les meilleurs sportifs de chaque génération. Est-ce que Platini serait meilleur que Messi ? Magic Johnson rendrait-il fou LeBron James ? Borg pourrait-il battre Federer ? Des questions pour fantasmer et imaginer des duels insolites. Autant de questions sans réponses. Et c’est sûrement mieux comme ça …

« Le jeu évolue beaucoup en fonction des époques, alors oui dans l’absolu il sera peut-être possible de désigner un joueur par génération, mais en fin de compte ça ne restera qu’un débat superficiel. » Roger Federer. 
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Peut-on vraiment dire qui est le plus grand entre Nadal et Federer ?

QUELLE PLACE POUR CEUX QUI AIMENT « JUSTE » LE SPORT ?

Le débat stérile du Goat pose aussi celui de la toute puissance des statistiques, records et autres avalanches de chiffres. Frappant dans le football et le basketball, la course aux chiffres semblent se « restreindre » au nombre de grands chelems gagnés chez les tennismen. Plus quantifiable pour la petite balle jaune, ça ne rend pas le débat plus convaincant. 

On peut même se demander si c’est l’athlète qui est au service de son sport ou l’inverse. Le basketball moderne en est un exemple frappant. Devin Booker est un sportif adulé (et richissime) qui peut enchaîner des performances incroyables. Pourtant son équipe végète dans les bas-fonds de la NBA. Les sports collectifs souffrent de ça. On met la star au dessus de l’équipe. Personne n’est gagnant sauf le compte en banque de la superstar. Mais à quel prix ?

« Aujourd’hui, on ne parle que de palmarès et je crois que dans l’avenir on se souviendra des joueurs en fonction de leurs titres et non pas de leur jeu. Dans 30 ans, les joueurs chercheront encore plus de trophées et de records, bien plus que moi ou Sampras par exemple. » Roger Federer

Kilian Mbappé est l’exemple parfait de cette ère moderne. Bercé aux exploits de Cricri et Messi, il ne rêve que d’empiler buts, trophées collectifs et individuels sur la cheminée. Le club dans lequel il atteindra ses objectifs importe peu. On le sait et il ne s’en cache pas vraiment. C’est avant tout ça qui dérange. Le sport devient une science froide faites de chiffres et d’analyses. Kilian soit un homme, pas un robot !

Comment éviter cette dérive ? Impossible ! L’ère des réseaux sociaux, du tout numérique et de l’ego trip nous pousse vers cela. C’est un processus que nous ne pouvons stopper. Notre seule arme est de continuer à regarder le sport avec des yeux d’enfants. C’est du Francis Lalanne dans le texte mais c’est tellement vrai.

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Tom Brady, un sportif qui incarne son sport … Un GOAT !

TOM BRADY, L’UNE DES EXCEPTIONS QUI CONFIRME LA RÈGLE ?

On peut être réfractaire au débat sur le Goat mais il y a sûrement un champion qui fait l’unanimité dans son sport. Un sportif qui a réussi l’exploit de faire « oublier » les autres et de clore le débat. Il s’agit bien sûr de Tom Brady. Le quarterback des New England Patriots. Une légende dans son sport. C’est bien ça le Goat (désolé Joe Montana) !

Son seul tort ? Gagner des titres avec Boston, l’une des villes les plus détestées des USA. Mais aux yeux du monde entier, la star des Patriots est le Goat reconnu dans son sport. Un joueur à part qui continue d’impressionner à bientôt 40 ans. Une folie dans un sport de contacts dans lequel les défenseurs ne rêvent que de le découper. D’autres sportifs sont devenus les figures de leur sport. On pense à Teddy Riner pour le judo, Kelly Slater pour le surf, Ali pour la boxe ou Phelps pour la natation.

Le sport est un formidable vecteur d’émotions. Qu’on les vivent seul dans son canapé ou dans un stade entouré de milliers de passionnés, un but nous fera toujours vibrer. Peu importe qui le marque. C’est l’essence même de notre passion. Voir des beaux gestes, des paniers insensés, des finales à couper le souffle … Mais pitié ne transformez pas cet amour en un vulgaire livre des records.