Curieuse, talentueuse, intelligente et travailleuse acharnée, Sandrine Gruda est la championne que l’on aime prendre en exemple. Une source d’inspiration intarissable pour les générations présentes et futures. À 30 ans, la basketteuse revient à Istanbul, mais cette fois sous les couleurs du Yakin Dogu. Compétitrice née, elle est encore avide de nouveaux projets et de nouveaux trophées à soulever.

Passionnée par son sport et le monde qui l’entoure, cette intérieure longiligne n’a pas hésité à traverser l’Océan Atlantique en 2009 pour conquérir la WNBA (La Ligue de Basket Nord Américain féminine). Les défis, elles adorent ça Sandrine. En tant que français, on se met forcément à rêver de titre mondiale. Ça tombe bien la France est qualifiée pour la prochaine Coupe du Monde qui aura lieu en Septembre 2018. Avec Sandrine Gruda, dans le rôle de leader, les rêves de médaille ne sont pas interdits !

Grounds : Tu fais ton come-back chez les Bleues. Tu savais que tu reviendrais un jour ?

Sandrine Gruda : En 2017, j’ai décidé de mettre en suspend l’échéance estivale avec l’équipe de France puisque je me mariais et que cet évènement était ma priorité. Mais je savais très bien que je reviendrais. L’équipe de France m’aurait trop manqué si j’avais du m’absenter plus longtemps.

L’équipe de France est en pleine transition. Comment tu te positionnes avec les jeunes qui arrivent ?

Vis à vis des jeunes joueuses au sein de l’équipe de France, je suis dans la transmission, dans le partage de mon expérience. J’ai été dans leur position plus jeune, et je sais ce que l’on peut attendre d’une joueuse plus expérimentée.

La joie immense de l’Équipe de France lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012.

SANDRINE GRUDA, LEADER EXEMPLAIRE EN ÉQUIPE DE FRANCE

La France vient de signer une belle victoire contre la Finlande et personnellement tu fais un match XXL, Quelles étaient tes impressions à la fin du match ?

À la fin de la rencontre, j’étais satisfaite de ma performance individuelle et de celle de l’équipe globalement. Je reste malgré tout légèrement frustrée par notre performance collective. Nous avons eu beaucoup trop de déchets dans notre jeu. Nous avons encore beaucoup de travail avant les championnats du Monde.

Tu es une leader pour cette équipe de France. Comment gères-tu ce rôle aussi bien sur et en dehors du terrain ?

Mon champ d’action se traduit principalement par une communication constante. Pour un conseil, une consigne ou un encouragement. Malgré tout, je ne change pas ma façon de fonctionner, qui est de montrer l’exemple en agissant, en montrant la voie. « Lead by example » comme dise les américains.

On distingue les leaders techniques et les leaders de vestiaire ? Tu te situes où ?

Je me situe à la frontière des deux. C’est d’ailleurs ce qui définit un bon leader selon moi. Ecouter, conseiller et agir.

Tu as connu des joies immenses en Équipe de France, quelle est la plus belle ?

Sans hésiter lorsque nous avons été championnes d’Europe en 2009. C’était un superbe accomplissement, une joie collective incroyable.

Toutes les personnes qui te connaissent louent ta capacité à travailler et t’entraîner. C’est le secret pour durer et devenir la meilleure ?

C’est la recette pour exploiter son potentiel. Il n’y a pas de secret. Les grands sportifs n’ont pas simplement « un don ». Ils travaillent bien souvent plus que les autres. Ensuite, pour durer, il faut être aux petits soins avec son corps.

Les dernières Finales WNBA furent frustrantes pour toi. Comment as-tu géré cette situation nouvelle pour toi ?

J’ai tiré le meilleur de cette expérience. Il s’agissait pour moi de profiter des compétences des entraîneurs et d’avoir les mots justes pour conseiller mes coéquipières lorsque nécessaire. C’était une situation inhabituelle mais très enrichissante malgré tout !

Sandrine sous ses nouvelles couleurs : le club turc de Yakin Dogu.

Tu as signé en Turquie après un passage éclair en France. C’était prévu ou l’opportunité de jouer en Turquie ne pouvait pas se refuser ?

J’ai signé à Lyon pour remplacer une joueuse malheureusement blessée. C’était une superbe occasion de rejouer en France après 10 ans « d’exil ». Je tiens de nouveau à remercier Tony Parker, Nicolas Batum et tout le club de l’ASVEL pour m’avoir permis de retrouver les parquets et le public français. Cette pige médicale terminée, j’ai choisi de rejoindre le club de Yakın Doğu. Un club turc très ambitieux.

(Sandrine tient un blog, SEVEN. Elle prend énormément de plaisir à écrire et entretenir un lien avec ses fans. Dans un article intitulé « Passage à l’Est », elle présente son nouveau club en Turquie : Le Yakin Dogu)

Les supporters en Turquie sont proches du fanatisme. Peux-tu nous donner tes premières impressions ?

Les supporters des clubs omnisports turcs -Beşiktaş, Galatasaray, Fenerbahçe- sont de grands fanatiques. En effet se sont des personnes fidèles, fiers et qui déploient une énergie folle pour encourager leur équipe. C’est toujours plus agréable de jouer dans une salle chauffée à blanc, avec de l’ambiance.

Les statistiques sont omniprésentes dans l’analyse d’un match de basket. Quelle importance leur donnes-tu ?

J’y accorde la même importance qu’un coach. Dans notre sport, c’est important de réaliser des doubles/doubles ou d’avoir un pourcentage de réussite aux tirs intéressant. C’est aussi ce qui détermine votre niveau en un coup d’oeil. Mais bien sûr, la dureté, le leadership, la défense etc… sont des domaines difficilement quantifiables statistiquement, bien que primordiaux.

L’émotion de Sandrine et des Los Angeles Sparks après la victoire en finales WNBA de 2016.

LA WNBA : LA CONSÉCRATION POUR SANDRINE GRUDA

Durant 6 saisons, tu as joué deux saisons en une. La moitié en Europe et l’autre moitié en WNBA. Pas trop dur de switcher ?

Ce n’est pas évident. Le plus difficile reste l’enchainement des matchs, des déplacements, des entraînements. Il faut gérer la fatigue tout en restant au niveau. C’est à chaque fois un challenge.

3 années au Sun du Connecticut puis 3 autres aux Sparks de Los Angeles, Quelle est la différence fondamentale entre le basket en Europe et aux USA ?

Je dirais que la dimension physique et les qualités techniques sont les grandes différences entre ces deux championnats.

(Si le sujet vous passionne, Sandrine, dans son blog, s’est penchée sur les raisons pour lesquelles le basket américain féminin occupe le haut du panier).

Que retiens-tu de ces années américaines ? Tu penses y retourner pour jouer ?

Beaucoup de rencontres, la découverte d’une autre culture, d’un autre basket. Cela a été, comme toujours, une expérience durant laquelle j’ai beaucoup appris. Je retournerais probablement en WNBA même si, à l’heure ou je vous réponds, rien n’est encore décidé.

LE PALMARÈS DE SANDRINE GRUDA … T’EN DIS QUOI LEBRON ?

C’est très simple. Sandrine a tout simplement l’un des plus beaux palmarès du basket français. À Londres en 2012, elle a notamment participé à l’épopée des Bleues. Stoppées en finale par les redoutables américaines. Cette équipe sera la première médaille olympique pour un sport collectif féminin. Historique ! À 30 ans, Sandrine affiche fièrement 165 sélections en Équipe de France au compteur.

Champion de France avec Valenciennes en 2007

Championne de Russie avec Ekaterinbourg en 2009, 2010, 2011 et 2012

Championne d’Europe avec la France en 2009

Vainqueur de l’Euroligue avec Ekaterinbourg en 2013 et 2016

Médaille d’Argent au Jeux Olympiques à Londres en 2012

Finaliste du Championnat d’Europe avec la France en 2013 et 2015

Draftée en WNBA en 2009 par les Connecticut Sun

Championne WNBA avec les Los Angeles Sparks en 2016

Meilleure joueuse FIBA Europe en 2006

Meilleure joueuse européenne en 2009

MVP de la Ligue de Russie en 2009

MVP de la LFB 2006 et 2007

Un immense merci à Sandrine Gruda qui a pris le temps de nous répondre malgré un emploi du temps de ministre. Et merci à l’équipe de Digital Sport Solutions qui nous permet de réaliser de faire toutes ces rencontres. On pense notamment à l’interview de Marco Tauleigne.