À l’occasion de la sortie du numéro 3 de « The Playground », nous avons eu la chance de rencontrer Val et Winston. Leur point commun : une passion totale pour le basketball. Une ferveur qu’ils mettent au service de la communauté NBA française.

Winston gère un compte twitter/site/podcast dédié aux Detroit Pistons et Valentin est l’auteur des « What if ? » sur le très bon site QiBasket. Installez-vous confortablement et savourez, comme nous, cette rencontre fleuve entre passionnés.

G. : Pouvez-vous présenter rapidement pour nos lecteurs ?

Val : Je suis élève avocat à Bordeaux et j’ai 25 ans. Et je suis auteur des « What if ? » pour le site QiBasket. Ce sont des uchronies où je refais l’histoire.

Winston : J’ai 30 ans et j’adore écrire. J’ai fait des études de communication/rédaction/presse. Les profs m’ont conseillé d’écrire au quotidien sous n’importe quelle forme. J’ai alors décidé d’écrire sur le basket et mon équipe de cœur les Pistons de Detroit.

G. : Tu peux nous raconter la suite de cette aventure ?

Winston : C’était il y a 6 ans. Le basket commençait à se démocratiser mais je ne trouvais pas d’infos sur le quotidien de Detroit. Un ami fan des Celtics se régalait toute la journée des états d’âmes de Garnett, des déclas de Paul Pierce, les blessures de Rondo. Je me suis alors lancé avec le site mais après j’ai dû faire avec les réseaux sociaux. Et donc la création du compte twitter Pistons Fr pour combler un manque et une frustration.

Mais le cœur de tout ça, c’est le site pour raconter le quotidien des Pistons et les histoires autour de cette franchise historique. C’est de la pure passion. J’ai commencé à les suivre en 2002/2003 sur une belle décennie. Les résultats sont nuls maintenant mais je continue. C’est aussi ça la passion.

G. : Racontez-nous la construction de ce numéro 3 vu de l’intérieur.

Val : C’est une belle machine ! Stellios a créé un Discord dédié à « The Playground ». C’est organisé par thématique pour les créas et les auteurs de l’autre côté. Stellios c’est le papa !

Winston : C’est beaucoup de boulot. On a nos référants : Stellios, Amandine et Thibault. Le processus créatif est vraiment cool. Les idées fusent dans un joyeux live.

G. : Comment avez-vous géré la problèmatique de la taille de l’article ?

Val : C’est l’enfer !

Winston : Moi je me suis arraché pour limiter aux 1500 caractère demandés.

Val : Je suis arrivé à 1500, je venais de terminer mon intro ! J’ai dû écrire à Stellios pour avoir une petite dérogation ! Une fois un article écrit, ça devient compliqué de faire des coupes.

Winston : C’est très intéressant de faire court. C’est frustrant aussi mais j’ai beaucoup aimé cet exercice. Une phrase, une idée ! (Winston a écrit un portrait de Arvydas Sabonis, illustré par Thomas Von Reox)

the playground numéro 3 spécial Europe drazen petrovic par val
« The Artist » Drazen Petrovic par Val. Avec une créa de Terry.

« THE PLAYGROUND » : UN CROSSOVER RÉUSSI ENTRE RÉDACTEURS ET CRÉATIFS PASSIONNÉS !

G. : En tant qu’auteur, comment s’organise la collaboration avec les créatifs ?

Val : Tu avances avec ton binôme (graphiste/rédacteur) sur l’article. Mais quand tu écris beaucoup, tu ne dois pas oublier que le créatif va devoir s’adapter à ton texte. Tu dois respecter cette contrainte et le travail de l’autre. Thibault et Amandine nous aident beaucoup sur la relecture. C’est bien structuré et bien encadré. En tant qu’auteur, on sait qu’on aura toujours une oreille pour écouter et des yeux pour nous relire et corriger. C’est un sacré boulot.

Winston : C’est une vraie équipe. Stellios Theodoris s’est entouré de personnes qui gèrent bien la conduite du projet. Ils savent où nous mener.

G. : Val, tu travailles aussi avec le site QiBasket. Le fonctionnement est différent ?

Val : Complètement ! Avec les « What if ? » (des uchronies qui refont l’histoire du basket), j’abuse de l’absence de limites. Aujourd’hui j’ai même écrit un « What if ? », mon bijou, sur Magic Johnson sur le thème « Le livre dont vous êtes le héros ». Un travail de 5 mois dont je suis très fier.

G. : Quel est votre article favori dans ce numéro 3 de « The Playground » ?

Val : J’ai commencé par celui sur la tournée des Hawks en URSS. Le sujet m’intriguait trop. J’avais jamais lu ça ailleurs. J’aime bien lire des choses que personne n’a écrit avant. Ça mêle géopolitique et basket.

Winston : J’aime beaucoup l’article de Val sur Petrovic (illustré par Terry)

Val : En écrivant l’article, je me suis redemandé pourquoi j’aimais tant ce joueur.

Winston : Ca s’explique pas ça !

Val : Je suis tombé sur un match de lui avec Zagreb contre Limoges. Il fait un carton à 39 points. J’ai passé une nuit à revoir des highlights, le doc ESPN. C’est une fascination. J’ai un seul maillot accroché chez moi et c’est celui de Drazen à Zagreb !

G. : Demain, vous avez l’occasion d’écrire votre article rêvé pour « The Playground », il parle de quoi ?

Winston : J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire sur Sabonis Père. Un joueur « Coup de coeur ». Je pense que je pourrais écrire sur des joueurs sous-côtés, moins médiatisés que j’adore.

Val : Le même sur Drazen Petrovic mais en BEAUCOUP plus long !

the playground numéro 3 tirage papier édition limitée 100 exemplaires

G. : Je tiens une exclusivité sur un tirage papier de ce numéro 3 en édition limitée. Votre sentiment ?

Val : J’ai tellement hâte de l’avoir entre les mains. Il y a beaucoup de fierté. C’est toi qui a écrit ça. Stellios voulait que « The Playground » soit plus qu’une feuille. Il voulait lui donner cette dimension d’objet. 100 tirages dès le troisième numéro, c’est juste énorme.

Winston : C’est génial !

Val : Depuis que j’ai l’info sur ce tirage papier, je ne pense qu’au jour où je pourrais l’avoir ! C’est déjà magnifique sur ordinateur alors j’ose pas imaginer en format papier. Et tous les retours depuis la création vont dans ce sens.

L’équipe de « The Playground » a travaillé dure pour proposer un tirage papier en édition limitée. Très limitée même car seulement 100 exemplaires seront imprimés. Il faudra être rapide mais ça en vaut la peine. Le prix est de seulement 9€ alors foncez !

G. : Quelle importance accordez-vous au format papier ?

Winston : J’ai grandi avec les magazines papier. Bein Sport, League Pass, Twitter and co n’existaient pas. J’étais aussi abonné à 5 Majeur.

Val : J’en avais un pour le basket américain et un pour le basket français. C’est mon père qui était abonné quand j’étais gamin.

Winston : Quand Reverse a fait son Mook, je l’ai acheté direct. Ils font l’effort de faire vivre le papier. Ça correspond exactement à la mentalité que je veux défendre. On retrouve cette mentalité avec « The Playground » et des auteurs passionnés et des graphistes pros.

Val : On voit de plus en plus de livres sur le basketball qui sortent. C’est cool de participer à ce phénomène.

Commande le !

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Portrait d’Arvydas Sabonis par Winston avec une créa de Thomas Von Reox.

« THE PLAYGROUND » : UN TIRAGE PAPIER EN ÉDITION LIMITÉE QUI SONNE COMME UNE RÉCOMPENSE

G. : Quelle place prend l’histoire dans votre passion pour le basket ?

Val : Je trouve que tu as fait un choix fort en arrêtant de faire de l’actu sur ton site. Ça ne m’intéresse plus de lire un article sur la dernière perf de James Harden. C’est un phénomène accentué par twitter.

Winston : J’ai voulu arrêter l’actualité pure et dure c’est vrai. T’as des comptes qui enchaînent l’information. Avec des personnes qui partagent cette info sans rien apporter. Ça n’apporte aucune plus-value.

Val : C’est cool pour des gens qui suivent la NBA en filigrane. Mais quand tu baignes dedans, t’es « habitué » à ces perfs. C’est moins marquant. Winston c’est l’exemple flagrant de ça. Y a tout un tas de comptes de franchises qui font de l’actu chaude. Winston lui a décidé de réserver l’actu sur twitter et de ne parler que d’histoire et de sujets plus profonds sur son site et les podcasts.

G. : C’est surtout très chronophage de traiter cette actu…

Winston : Je voulais y venir. T’as pas le temps de tout faire ! On fait ça par passion avec un boulot, des études à côté. On doit faire des choix.

Val : Sur QiBasket on a fait le même choix que Winston. L’actu se périme trop vite alors on a décidé de ne plus la traiter sur le site. On ne fait de l’actu que sur des tendances. Telle équipe qui change de style de jeu et ça commence à prendre forme. On peut développer le sujet et analyser un peu sur le fond.

Winston : Il en faut pour tout le monde. Les grands acteurs média du basket sont obligés de proposer beaucoup de contenu et notamment des boxscores, des highlights, etc. On a pas le temps de faire ça mais je suis très content de mon choix. Depuis que je parle histoire des Pistons, j’ai des meilleures stats sur le site. Les gens prennent le temps de lire.

Val : C’est aussi l’idée avec « The Playground ». Stellios a voulu en faire un objet intemporel. Ce spécial Europe il ne se périme pas. C’est agréable de se dire que l’on écrit quelque chose qui va reservir.

G. Tu as donc fais le choix du podcast avec « Les Chroniques de Motor City ». Peux-tu nous expliquer la génèse de ce projet ?

Winston : Je m’en sers comme d’un laboratoire. Je voulais raconter de vraies histoires qui parlent aux fans de la franchise et même aux fans de NBA en règle générale. Personne ne fait ça alors je me suis lancé.

G. : Comment vivez-vous la démocratisation totale du basket en France ?

Winston : Je commence de plus en plus à voir les défauts. On commence à se footballiser ! Et c’est frappant sur Twitter. Des gens n’ont pas conscience du travail en amont. C’est dur car les gens nous prennent pour des représentants de la Franchise. Je représente pas les Pistons, ni les fans des Pistons.

Val : Je trouve que ça reste minoritaire. Mais Winston est plus exposé que moi avec son compte de franchise. La bulle a bien grossi dernièrement mais ça reste un petit monde où tu es vite très impliqué. Mais la NBA se démocratise car ils font tout pour que ce soit le cas et s’étendre à l’internationale. On le voit avec le match à Paris en Janvier 2020. On va bégayer quand JP Pernaud parlera du NBA Game de Janvier.

Winston : Pour moi on est arrivé au max de ce qu’on peut faire en France en terme d’éducation.

Val : Pour aller plus loin, le basketball local doit dépasser le cadre du « sport de clocher ». Globalement, si tu n’as pas un grand club dans ta région, tu ne suivras pas le basket. Lyon a Tony Parker mais c’est unique.

the playground 3 spécial Europe couverture magazine gainais Antetokounmpo

VAL & WINSTON, PASSION FOLLE POUR LE BASKETBALL ET L’HISTOIRE

G. : La NBA reprend cette semaine. Comment la consommez-vous au quotidien ?

Val : Je manque de temps. Certains soirs, je peux m’entamer une nuit. Mais en tant que fan des Spurs, tu peux oublier les matchs à 4h du matin ! Je regarde des matchs « tôt » de la Conférence Est des équipes que j’aime voir jouer. Sinon des replays. Ça prend du temps mais finalement comme toute passion. Là c’est au beau milieu de la nuit.

Winston : J’ai plus de chance avec Detroit qui joue plus tôt. Mais ça ne garantit pas les beaux matchs. Tous les matchs en prime time de la saison dernière étaient catastrophiques. Moi je regarde 100% des matchs des Pistons et quasiment 80% en live. Pour les autres, c’est très sporadique. Par exemple, j’ai peu regardé les finales NBA cette année.

G. : En parlant de NBA, que changeriez-vous dans l’histoire récente de vos franchises de cœur ?

Val : Donner 10 ans de moins à Tim Duncan et mettre des claques à Kawhi ! Plus sérieusement, la question de Kawhi aurait fini par éclater car il était agent libre. J’aurai aimé qu’ils gèrent mieux ce qui a entouré sa blessure et son départ. C’est la première fois que l’on voyait les San Antonio Spurs pas sûrs de leur sujet.

Winston : Et le renouvellement ?

Val : C’est compliqué. Il faut pas oublier que San Antonio, c’est pas un gros marché. On n’a jamais recruté un gros agent libre. Je suis pas un grand fan de la technique des Sixers qui bazardent 4 ans de leur histoire pour se rebâtir sur des cendres.

G. : Et toi Winston ? Tu fais quoi si tu deviens GM des Pistons ?

Winston : Avec Blake Griffin, t’as un des 15 meilleurs joueurs actuels en NBA. Il peut encore faire 3 belles années donc tu construis autour de lui tout de suite. Il faut se débarasser des gros contrats comme Drummond. Il faut être agressif sur les trades pour avoir des joueurs du calibre d’un Bradley Beal. Car les agents libres ne viendront pas chez toi ! Il faut un move d’envergure.

Val : C’est dur pour André Drummond car c’est votre histoire actuel. Mais il faut trouver des joueurs compatibles avec Griffin.

G. : Passage obligé. Je veux votre avis sur la hype Zion Williamson !

Val : Notre génération n’a jamais vu un joueur comme ça. Certains le comparent à Charles Barkley. Le phénomène est fou mais je me méfie toujours un peu des hypes de High School et NCAA. Toujours choqué par le parcours d’Andrew Wiggins ! Mais il prêt dans le jeu et dans la tête, c’est une certitude.

Winston : C’est un phénomène mais sa saison NCAA a quand même mis beaucoup de monde d’accord. C’est un tank ! Les US ont besoin d’une mascotte. Mais les ingrédients sont réunis pour qu’il soit l’équivalent d’Anthony Davis en terme de blessures.

Val : Pour l’instant sur le plan de comm’ il se manque pas. C’est un sans faute. Mais j’ai peur pour sa santé. Impossible que ses genoux ne souffrent pas (sic). C’est quasiment scientifique. Je ne pense pas qu’il aura le même effet que LeBron James sur la ligue. Mais c’est une énigme.