C’est l’une des belles histoires du basket français de l’année 2018. Ne pouvant pas compter sur les cadres NBA de la Team France, Vincent Collet a fait appel à des joueurs moins « connus » mais avec tout autant de talent et le drapeau tricolore dans le cœur. C’est ainsi, qu’à 28 ans, Amath Mbaye a découvert l’équipe de France de basketball à l’occasion des qualifications pour la Coupe du Monde 2019. Champion d’Italie en 2018 avec l’Olimpia Milan, le français évolue aujourd’hui sous les couleurs du Virtus Bologne pour le plus grand plaisir des fans italiens.

Le parcours d’Amath Mbaye est atypique. Après sa formation en France, Amath part vivre le rêve américain dans l’Université d’Oklahoma. Malheureusement, son rêve s’arrête aux portes de la NBA. Mais pas question de baisser les bras pour l’ailier. Après un passage au Japon, il s’épanouit dorénavant en Italie et tente de casser les codes avec son projet Jocks Read qui met en avant des livres qui aident les sportifs de haut niveau.

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Amath Mbaye s’éclate sous les couleurs du Virtus Bologne en Italie.

AMATH MBAYE, LE RÊVE BLEU À 28 ANS

Grounds. : Hello Amath, une première sélection à 28 ans. Tu t’y attendais ou ce fut une surprise totale ?

Amath Mbaye : J’étais un peu surpris mais très fier et heureux de finalement avoir l’opportunité de représenter mon pays !

G. : Pour une première sélection, tu as réalisé une grosse perf’ (meilleur marqueur du match contre la République Tchèque avec 18 points). Tu t’es dit quoi en enfilant le maillot bleu pour la première fois ?

AM : Je voulais vraiment aider le groupe. Nous avions un objectif en tête et c’était d’assurer la qualification pour la Coupe du Monde. À ma façon, je voulais contribuer du mieux possible pour y parvenir.

G. : Maintenant que l’EDF est qualifiée pour la Coupe du Monde, tu postules à une place dans le groupe ?

AM : Aucune idée. C’est hors de mon contrôle. La seule chose que je peux faire c’est continuer à travailler pour justement me faire une place dans le groupe.

G. : En l’absence des « stars » NBA, ce sont des visages un peu moins connus du grand public qui ont fait le job pour qualifier l’équipe. Comment le groupe vit le fait que peu d’entre vous seront à la Coupe du Monde ?

AM : Je pense que tout le monde comprend la situation et les conditions. Mais je pense aussi que tout le monde est fier d’avoir réussi à contribuer au grand objectif final. Le plus important, c’est l’Equipe de France.

G. : Si jamais tu y participes, tu comptes « ramener la coupe à la maison » ?

AM : Bien sûr !

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C’est avec le numéro 2 qu’Amath Mbaye a découvert l’Equipe de France en 2018.

AMATH MBAYE, L’ÉPANOUISSEMENT EN ITALIE

G. : Aujourd’hui tu t’éclates avec le Virtus Bologne. Peux-tu nous parler de ta vie en Italie et de ton club ? C’était important pour toi de rester en Italie ?

AM : Je pense que l’Italie est un bon pays/championnat pour moi. Ma femme et moi-même, nous nous y plaisons vraiment. Je reste bien entendu ouvert à tous les nouveaux défis, italiens ou pas. Mais cette année, l’occasion de pouvoir intégrer un club mythique comme le Virtus de Bologne était très intéressante et pour l’instant tout se passe plutôt bien!

G. : Peux-tu nous parler de l’ambiance et de la passion des supporters en Italie ?

AM : Les supporters sont vraiment à fond, partout et tout le temps. Mais c’est vrai que les supporter du Virtus Bologne sont quand même un, voir plusieurs, cran au dessus. Ils sont toujours derrière nous pour nous motiver, quelque soit le jour de match, l’adversaire ou le championnat. C’est extraodinaire !

G. : Tu joues la Champion’s League avec Bologne. Ce fut déterminant dans ton choix de club ?

AM : Oui bien entendu. Après avoir goûté à l’Euroleague avec Milan, je voulais continuer à jouer dans une grande compétition européenne.

G. : Après avoir été formé au Havre, tu décolles pour les USA afin d’être diplômé. Que retiens-tu de ton passage en NCAA ?

AM : Une aventure énorme et enrichissante. La NCAA propose des perspectives très intéressantes pour un jeune avide de se développer physiquement, sportivement mais aussi culturellement. J’ai adoré !

G. : Durant ton passage en NCAA, tu te rappelles avoir croisé la route d’un phénomène ?

AM : Mon coéquipier à Oklahoma, Buddy Hield (il évolue aujourd’hui en NBA avec les Kings de Sacramento) est sûrement un des plus gros travailleur que j’ai jamais rencontré. Le nombre d’heures qu’il passe à développer son jeu et la passion derrière tout ce travail, c’est très impressionnant.

G. : Après un passage aux USA, tu décides de partir pour jouer au Japon. Peux-tu nous expliquer ce saut dans l’inconnu ?

AM : Une envie de découvrir quelque chose de nouveau. Les 2 raisons qui m’ont poussé a faire ce choix sont : l’opportunité d’avoir beaucoup de responsabilités sur le terrain et de pouvoir progresser offensivement, en ayant un coach (Antonio Lang) qui me faisait entièrement confiance et qui me laissait faire et apprendre de mes erreurs. Sans négliger l’aspect financier aussi.

G. : Tu as réalisé quelques performances remarquées lors de Summer Leagues. Tu penses que tu aurais pu devenir un joueur de NBA ou la marche était peut-être un peu haute ?

AM : Je pense que j’avais une petite chance mais que ça ne s’est jamais concrétisé. Ce n’est pas grave … C’est la vie !

G. : Tu viens de fêter tes 29 ans. Comment imagines-tu la suite de ta carrière ? Et commences-tu as pensé à l’après-carrière ?

AM : Aucune idée! Avec l’âge (sic) je me rends compte que les plans de carrière ne servent à rien dans le basket. Tout peut bouger tellement rapidement ! Pour l’après carrière, je suis très intéressé par l’entreprenariat. Je suis en train d’ouvrir un restaurant de la franchise New School Tacos dans ma ville natale de Bordeaux, et je compte en ouvrir au moi 3 avant la fin de ma carrière. J’investit aussi dans l’immobilier aux USA. La finance, l’entreprenariat et les investissements sont des choses qui m’intéressent beaucoup.

G. : Peux-tu nous parler de ton projet extra-sportif Jocks Read ?

AM : C’est un projet qui me tient vraiment à cœur ! Le concept est simple. On recommande des livres pour les athlètes, quelque soit le sport. La lecture est l’un des meilleur moyen de se cultiver et de se développer. Aujourd’hui, il y a beaucoup de livres qui peuvent aider les sportifs dans plusieurs aspects de leurs vies, que ce soit mentalement, financièrement etc… Il y a souvent un à priori négatif autour des sportifs et de la lecture. On tente de le briser avec Jocks Read. (Si vous voulez en savoir plus sur le Jocks Read, c’est ici)

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Amath Mbaye s’attaque aux arceaux sous le maillot de l’Université d’Oklahoma.