Fondée en 2015, Coureur du Dimanche détonne dans l’univers running par son engagement pour la planète. Maxime Marchal, Mathieu Pélestin et Florian Bachelard sont les 3 français qui ont décidé de changer les codes en produisant des vêtements de sport Made in France. Courir français et responsable, c’est désormais possible !

Nous vous parlions durant le confinement de ces marques de sport qui font le pari de produire en France. Nous avons donc voulu poser quelques questions aux fondateurs de Coureur du Dimanche pour mieux comprendre leur engagement. Maxime Marchal, cofondateur, a pris le temps de répondre à nos questions.

Grounds. : Pouvez-vous nous parler de la génèse de Coureur du Dimanche ?

CDD : La marque est partie d’une envie commune de créer quelque chose de responsable, de transparent, qui a du sens et un impact direct. Partageant la passion du running, le textile sportif a vite été le symbole de ce qui était pour nous déraisonné. Nous courions avec des équipements sportifs provenant d’Asie, fabriqués dans des conditions hyper opaques (où? par qui? dans quelles conditions de travail?), ayant fait 3 fois le tour de la planète avant d’arriver dans nos placards. À quoi bon ?

G. : Quel est le déclic pour changer les choses et créer sa marque ?

CDD : En tant que lyonnais et proches d’un gros bassin de textile, on s’est dit qu’il y avait une alternative plus locale et responsable à proposer sur ce marché pour nous faire tous courir autrement.

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Mathieu Pélestin, Maxime Marchal et Florian Bachelard, les 3 fondateurs de Coureur du Dimanche

G. : Des matières premières recyclées et du Made in France, c’était une évidence dès le début de cette aventure ?

CDD : Complètement ! Pour nous, cela faisait sens et l’idée était de remettre l’industrie du textile sportif dans le bon sens. Comment ? En proposant un vrai contre-pied, plus responsable et plus local par rapport aux traditionnels vêtements de sport importés griffés d’une grande marque ou d’un simple distributeur. Néanmoins, il y a 5 ans à la création de la marque, les matières recyclées n’étaient pas aussi développées qu’aujourd’hui. Nous avons tout d’abord tout fabriqué en France puis nous avons basculé toute la gamme en recyclé dans un second temps.

G. : Quelles sont les difficultés que l’on rencontre quand on veut produire des vêtements de sport MIF ?

CDD : Pour nous, cela représente au contraire moins de problèmes. Pourquoi produire loin quand on peut le faire près de chez nous, quand on peut suivre la production au plus près et nouer des relations fortes avec nos partenaires ? Le secteur textile en France a certes était décimé en 50 ans et a extrêment souffert de la délocalisation, mais le savoir-faire est toujours là. L’émergence de jeunes marques comme Coureur du Dimanche dans le sport ou d’autres dans le prêt à porter contribuent à relancer ce secteur fragile.

G. : Quelle fierté ça représente pour vous d’avoir créer une marque écoresponsable ?

CDD : Au-delà de la fierté, c’est de se dire que nos actes ont du sens. Quand on produit tous nos vêtements en France et qu’on voit nos ateliers partenaires recruter et gagner en effectif, on prend conscience de l’impact direct de nos choix. Nos produits soutiennent l’économie française, le savoir-faire et l’emploi local. Quand un client s’équipe d’un maillot Coureur Du Dimanche, on sait qu’il a été fabriqué à partir de 12 bouteilles plastiques recyclées plutôt que d’utiliser de nouvelles ressources vierges. 12 bouteilles plastiques, 12 déchets qui ne finiront pas dans l’environnement mais sur vos épaules grâce au recyclage.

Nous mettons tous nos efforts pour construire les bases d’un modèle de production du textile sportif plus responsable.

 

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G. : Quels sont les projets futurs de Coureur du Dimanche ?

CDD : On travaille actuellement sur le développement de gamme. Des shorts arrivent mais il reste encore tout un tas de vêtements et d’accessoires utiles à la pratique sportive sur lesquels nous travaillons.

G. : À quand les chaussures de running CDD ?

CDD : Peut-être un jour. Cela demande beaucoup de R&D et une compétence qu’on a pas actuellement. Pourquoi pas sinon en co-branding avec un vrai spécialiste de chaussures de running.

G. : Quelles initiatives pour une pratique plus « verte » du running en France ?

CDD : S’équiper moins mais mieux auprès de marques éco-responsables. Aujourd’hui on peut s’équiper de la tête aux pieds avec des marques engagées produisant localement à partir de matières recyclées.

G. : Et les courses à travers toute la France ?

CDD : Pour une pratique plus verte il faudrait aussi travailler avec les organisateurs de courses pour des courses plus responsables. Quand on voit les déchets générés lors d’une course, le nombre de bouteilles plastiques jetées, sans parler des maillots finisher importés d’Asie, mal taillés, au design douteux, hyper polluants et surproduits, on se dit qu’il y a un vrai problème. Il faudrait sans doute que ce soit plus encadré en respectant un équilibre carbone.

Cependant, le vrai changement doit venir de nous-mêmes, les coureurs en changeant notre façon de consommer, en faisant des vrais choix. C’est en choisissant de consommer un produit plutôt qu’un autre, de s’inscrire à une course plutôt qu’une autre qu’on envoie le bon message et qu’à l’avenir on changera la donne.

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