Après une année de combat sur les terrains de Nationale 2 française sous les couleurs du Trélissac FC, Robin Maulun a enfin l’opportunité de retrouver le football professionnel. Pour réaliser son rêve de toujours, il a posé ses valises, loin de sa Gironde adorée, en Hollande. Et plus précisément au SC Cambuur, club de deuxième division hollandaise. Au pays de Johan Cruyff, ce joueur fin et technique a découvert un football qui lui convient parfaitement. Dans un championnat qui donne la part belle aux joueurs techniques, à la qualité de passe et la vision du jeu, Robin a toutes les cartes en main pour s’épanouir et faire des ravages en Eerste Divisie.

Nos lecteurs de la première heure connaissent bien Robin Maulun. Nous l’avions interrogé sur son parcours aux Girondins de Bordeaux, ses blessures et ses désillusions mais aussi son espoir intact de retrouver le monde professionnel un jour. C’est désormais chose faite. Mais aucun risque de voir le jeune girondin versé dans l’euphorie. Il connaît mieux que quiconque le chemin qu’il lui reste à accomplir.

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Crédit photo : Henk Jan Dijks.

Grounds : Tu retrouves enfin le monde du football professionnel. Qu’est-ce qui t’avais le plus manqué dans cet univers ?

Robin Maulun : Évidemment ! Le monde professionnel est un monde totalement different du monde amateur. Je crois que ce qui m’a le plus manqué c’est l’intensité des entraînements. Surtout la sensation de progresser séances après séances. Évidemment tout est mis en place pour progresser, que ca soit la qualité des infrastructures (terrains de très bonne qualité pour les entraînements, salle de musculation, salle de soins) ainsi que tout le personnel qui travaille au club (docteurs, kinés, personnel du club) Le club fait tout pour te mettre dans les meilleures conditions possibles. C’est vraiment un plaisir d’aller aux entraînements chaques jours en ayant qu’une seule chose à l’esprit : progresser.

G. : Que retiens-tu de cette courte « traversée du désert » suite à ton départ des Girondins de Bordeaux ? Quels conseils donnerais-tu à un jeune joueur qui se retrouve sans club ?

J’en retiens que ça a été une année difficile mentalement. En plus, les résultats ne suivaient pas (Robin a évolué sous les couleurs de Trélissac en Nationale 2) mais j’ai quand même eu de la chance de tomber sur un groupe de mecs vraiment sympas avec qui on a créé des liens. Mais le monde amateur est vraiment difficile. À la limite ce n’est presque pas le même sport ! Les clubs font ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont, les terrains d’entraînements et de matchs ne permettent pas de pratiquer un football plaisant. On va dire que le côté « combat » du football ressort beaucoup plus au détriment du côté technique et tactique.

Si j’ai un conseil à donner aux joueurs qui se retrouvent dans cette situation, c’est de ne jamais rien lâcher, toujours travailler avec humilité et en redemander toujours plus. Ces divisions sont regardées par des recruteurs donc il y a toujours une chance de s’en sortir et de trouver un projet professionnel.

G. : Peux-tu nous raconter comment tu es arrivé dans ton nouveau club ?

J’ai passé un essai, qui s’est avéré concluant, par l’intermédiaire de mon ami David Sambissa (Il évolue lui aussi au SC Cambuur) avec qui j’avais déjà joué aux Girondins de Bordeaux durant ma formation. J’ai ensuite signé un contrat professionnel avec le club. Il faut savoir que je ne connaissais rien du tout à propos de Cambuur et sur le championnat hollandais avant d’arriver ici. Je ne savais vraiment pas où je mettais les pieds mais le challenge est excitant. C’est hyper intéressant de pouvoir découvrir une nouvelle culture à travers le football.

G. : Tu as hésité avant d’accepter ce nouveau défi ?

Non il n’y a pas eu d’hésitations. Même si c’est pas facile de quitter ma terre natale, en laissant ma famille et mes amis, j’avais vraiment à cœur d’avancer dans ma vie. Je savais ce que je voulais et surtout ce que je ne voulais plus pour mon développement. Le SC Cambuur est un club qui correspondait parfaitement à ce que je cherchais pour pouvoir m’épanouir. À partir de ce moment là, il n’y avait plus qu’à foncer et prendre du plaisir !

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Robin Maulun exulte sous ses nouvelles couleurs / Crédit photo : Henk Jan Dijks.

G. : Qu’est-ce qui t’as le plus surpris en arrivant aux Pays-Bas ?

À mon arrivée, la première chose qui m’a surpris c’est le professionnalisme du club qui n’a rien à envier aux clubs français. Ce qui change ici, c’est la ferveur des supporters. Les gens aiment vraiment le football et nous le font ressentir. C’est un peu la mentalité anglaise. Le stade est tout le temps plein. Ce qui fait qu’on joue tous nos matchs à domicile devant 10 000 personnes qui n’arrêtent pas de chanter, et ça c’est plutôt cool quand tu te retrouves sur le terrain ! Ensuite ma vie en dehors du foot est totalement différente de ce qu’elle était en France. La langue et le climat ne sont pas les mêmes qu’à Bordeaux mais je commence à m’y faire petit à petit et la ville dans laquelle j’habite est vraiment sympa.

« C’est vraiment un plaisir d’aller aux entraînements chaques jours en ayant qu’une seule chose à l’esprit : progresser. »

G. : Quels sont les objectifs de Cambuur pour cette saison et quel est le niveau de la deuxième division hollandaise ?

Cambuur est un gros club de ce championnat. Le club était en première division il y a quelques années et espère y remonter le plus vite possible. Cette année le championnat est plus relevé que d’habitudes car de grosses équipes de premières divisions avec des budgets élevés sont descendues (Twente, Roda et le Sparta Rotterdam). Mais les objectifs sont de finir le plus haut possible au classement avec une qualification pour les play-offs et espérer jouer la montée en fin d’année. Pour le moment nous sommes premiers du championnat et espérons donc rester le plus longtemps possible en tête. Mais un championnat c’est très long et difficile donc on ne peut pas tirer de conclusion pour le moment.

Au niveau du football en lui-même, c’est totalement différent de ce que j’ai connu en France. Si je devais comparer, je dirai que le championnat ici est moins physique avec moins de duels mais par contre le niveau technique est plus élevé, on cherche toujours à jouer court et créer des déséquilibres par la passe et l’intelligence dans les choix de jeu.

G. : Tu découvres un nouveau pays pour la première fois dans ta carrière. Pas trop compliqué d’apprendre le hollandais ?

Ça c’est une autre histoire ! On a un professeur d’anglais au club mais c’est compliqué. Il doit enseigner le hollandais à deux français, trois allemands et un japonais en même temps donc les cours sont plutôt difficiles à suivre. En plus, le hollandais est une langue difficile avec des sonorités qui ne sont pas les mêmes que le français. Mais tous les hollandais parlent bien anglais donc la plupart du temps j’arrive à me débrouiller dans cette langue.
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Robin Maulun affronte ici la réserve de l’Ajax d’Amsterdam / Crédit photo : Henk Jan Dijks

Merci à Robin de s’être confié à nous sur ce nouveau défi qui s’offre à lui. On espère que sa saison sera un succès. L’équipe de Grounds est avec toi !

© Crédit photo de couverture : Henk Jan Dijks