Nous sommes de véritables passionnés de Sports US, vous le savez déjà. Et quand le basketball ou le football américain s’implantent en France, nous ne pouvons pas passer à côté. Le basket a depuis, très longtemps, le statut de sport majeur dans notre beau pays. Mais une nouvelle discipline attire les jeunes talents. Il s’agit du 3 contre 3. Alex Vialaret en est un parfait ambassadeur.

Sport médiatisé et spectaculaire, le 3×3 reprend les codes du basketball en y incluant une large influence du basket des playgrounds. Le 3×3 va même faire son entrée en tant que sport olympique aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. La consécration pour un sport en plein développement dans le monde entier. Pour mieux découvrir le basketball sous un nouvel angle, nous avons découvert Alex Vialaret. Ce bon shooteur, ambitieux et talentueux, représente la France sur le circuit européen et mondial avec sa team, Ballistik.

Grounds : C’est officiel, le 3×3 sera une discipline olympique à Tokyo en 2020. Certains, comme d’ailleurs Evan Fournier chez nos amis de First Team, émettent des doutes sur le bien fondé de la décision du CIO ? Quel est ton avis ?

Alex Vialaret : Il n’y a aucun doute à avoir sur cette décision. Le 3×3 se développe, le nombre de pratiquants augmente et le niveau en même temps. Il convient parfaitement aux valeurs de l’olympisme et je suis pressé de voir tous les commentaires positifs qui suivront la compétition. D’ici 2020, la discipline aura déjà sûrement justifié sa présence aux JO par son engouement.

G. : On assiste à une véritable émergence de la discipline. Penses-tu que l’engouement puisse être plus fort que pour le basket dit « conventionnel » ?

Alex : Je ne crois pas que le 3×3 puisse être plus fort. Mais il pourrait clairement rentrer dans l’esprit des gens comme une pratique différente, tout aussi difficile et pas un simple amusement, un truc « fun » ou un sport de la rue comme ça peut l’être pour certains. C’est un véritable sport, qui obéit a ses propres règles et que l’on va voir pour voir du 3×3 et pas simplement du basket.

LE BASKETBALL 3X3, UNE DISCIPLINE SPECTACULAIRE SOUS LE FEU DES PROJECTEURS

G. : Plus personnellement tu es le numéro 4 français de 3×3, participer aux JO c’est un rêve ou un vrai objectif pour toi ? 

Alex : Les JO ? C’est clairement un rêve, pour l’instant le 3×3 c’est ma passion et en tant que compétiteur, mon objectif c’est d’être et de rester parmi les meilleurs de la discipline. Les JO, j’y pense mais c’est encore très très loin.

G. : Les américains sont déjà dingues de 3×3 et certains joueurs NBA se sont montrés intéressés pour participer aux JO de Tokyo. Quel est ton avis ? On imagine que le profil de joueur taillé pour le 3×3 n’est pas le même que le 5×5.

Alex : Oui, c’est sur qu’ils s’impliquent dans la discipline mais de là à ce que des joueurs NBA y participe, honnêtement j’en sais rien. C’est déjà compliqué pour eux de se libérer de leur club en hors-saison, donc on verra bien mais ce serait intéressant d’en voir quelques uns.

Dans cette discipline, les profils sont différents. Le profil type, c’est d’être polyvalent, capable de défendre sur n’importe qui et d’attaquer de n’importe où.

G. : Le déroulement d’une saison de basket est assez facile à comprendre que ce soit en Pro A ou en NBA. Mais peux-tu nous expliquer comment se déroule une saison de 3×3 ? Comment se déroule la compétition sur le circuit ?

Alex : Il y a des tournois référencés de base qualificatifs pour des tournois de zone, eux-mêmes qualificatifs pour le tournoi national final. Celui-ci mène au circuit du World Tour. Parallèlement à cela, il y a des « Challengers » , tournoi auquel on participe grâce à des Wild Cards données par les organisateurs. Le World Tour, c’est 3 tournois en Europe, 2 en Asie et 2 en Amérique.

Le parcours du combattant pour intégrer le World Tour.

G. : Peux-tu nous dire quelle est la différence fondamentale entre le 5×5 et le 3×3 ? Les règles sont-elles très différentes ?

Alex : C’est physiquement ! Les règles varient aussi, avec des matchs de 10 minutes ou la première équipe à 21 points. Les shoots à 2 points en valent 1 et les shoots à 3 points valent 2 points. Le tout avec 12 secondes de possession. Il n’y a aucun temps d’arrêts sauf sur touches ou fautes. L’arbitrage est volontairement plus laxiste sur les impacts et accrochages. C’est vraiment important de rester lucide et de faire les bons choix sur chaque possessions.

Quelques chiffres pour mieux comprendre le 3×3

G. : En terme de préparation physique, est-ce différent de la préparation pour jouer en 5×5 ? 

Alex : On se focalise surtout sur la proprioception, du travail de pied à l’aide d’échelle et de haies, de la musculation basée sur l’explosivité et au niveau du cardio, on axe le travail sur le fractionné. Durant la saison 3×3, c’est surtout de l’entretien et travailler sur la récupération, car les voyages et les tournois puisent beaucoup d’énergie. Et il faut être capable d’enchainer.

G. : Le reste de la saison tu joues pour les JSA de Bordeaux en Nationale 2 (la 4ème division française). C’est un accord avec les dirigeants pour te libérer au moment des compétitions de 3×3 ? Ou alors les calendriers ne se superposent pas ?

Alex : C’est un accord avec les dirigeants, il me libère sur les compétitions. Mais heureusement, cette année les calendriers ne se superposent pas.

G. : Comment gères-tu le passage du 3×3 au 5×5. Changement de règles, de tactiques, d’intensité physique, de durée de match… Ce n’est pas trop déstabilisant ?

Alex : Non ça ne l’est pas tant que ca, les entraînements nous permettent de reprendre des repères. Ça se fait rapidement. Le plus déstabilisant, c’est de devoir partager la balle avec 2 joueurs de plus et reprendre les repères du tout terrain. (le 3×3 se joue sur un demi-terrain de basketball)

G. : La fédération internationale de 3×3 se structure bien. Tu sens qu’il y a une volonté de la part de tous les acteurs pour en faire une discipline majeure ? La fédération française joue son rôle à fond ?

Alex : Oui, c’est vrai que la Fédération Internationale de Basketball (FIBA) ne cessent de croire en cette discipline. Appuyée par des sponsors majeurs comme Nike, Youtube ou Wilson, la visibilité et le niveau augmentent d’année en année. Les lieux de tournois sont toujours superbes, les prizes money (somme d’argent offerte aux vainqueurs) du World Tour ont augmenté : 20 000 $. La visibilité est meilleure grâce notamment à la chaine Youtube et les réseaux sociaux. Ce sont des exemples de leur volonté de développement. La Fédération Française suit le mouvement et s’organise chaque année de mieux en mieux avec des tournois de plus en plus nombreux.

G. : Comment es-tu arrivé à faire du 3×3, alors qu’à l’origine tu es plutôt un joueur de 5×5 ? Qu’est-ce que tu aimes le plus dans le 3×3 ?

Alex : J’ai découvert le 3×3 à l’université et je suis devenu fan dès le premier tournoi. Ce que j’aime le plus, c’est l’aspect physique du jeu, la prise d’initiative et le fait de jouer avec mes potes. Car oui à la base Ballistik, c’est aussi 4 copains et parcourir l’Europe et le Monde, sans coach avec des personnes que j’apprécie, se donner à fond l’un pour l’autre et gagner. Ça c’est ce que j’aime le plus !

BALLISTIK, UNE ÉQUIPE DÉTERMINÉE ET AMBITIEUSE

La Team Ballistik au complet.

G. : Ballistik, c’est le nom de votre équipe de 3×3. Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette équipe ?

Alex : Après avoir fais quelques tournois avec l’équipe universitaire, nous avons décidé avec Eddy et Aurélien de créer notre propre équipe pour évoluer sur les circuits nationaux. On a donc créer l’équipe Ballistik avec Charles en plus. Tous les quatre, nous sommes passionnés par ce sport et nous avons décidé d’aller au bout des choses en créant notre association avec notre logo, notre image, nos maillots. Nous sommes d’ailleurs à la recherche de sponsors (avis aux intéressés).

G. : Aujourd’hui, en faisant parti des 20 meilleures équipes de 3×3 au monde (Bravo!), est-il possible de vivre de ce sport ? 

Alex : Merci ! En France non, les moyens ne sont pas suffisants pour vivre de ce sport. Mais ce n’est que le début !

G. : Tu es encore très jeune et tu progresses bien sur le circuit mondial du 3×3. As-tu déjà pensé à arrêter le 5×5 pour te consacrer uniquement au 3×3 et Ballistik ?

Alex : Oui forcément, si la discipline se professionnalise et que les moyens sont suffisants pour en vivre, il n’y a aucun doute. Cette discipline est vraiment formidable et si j’ai l’occasion de la pratiquer toute l’année, la question est vite vue !

G. : Que peut-on te souhaiter pour l’année à venir ?

Alex : Tout d’abord, merci pour l’intérêt porté à cette discipline et Ballistik ! (nous vous invitons vraiment à les suivre sur les réseaux sociaux) Sinon je demanderai des victoires avec Ballistik et une réapparition sur le World Tour ! Ce serait une magnifique récompense pour notre travail.

ALEX VIALARET EN QUELQUES CHIFFRES (ET MÉDAILLES)