Toujours à l’affût de mettre en lumière un nouveau sport, nous avons jeté notre dévolu sur le roller de vitesse. Une discipline encore confidentielle dans notre beau pays mais qui compte de grands champions dans les rangs français. Nous avons eu la chance d’interviewer l’un des plus grands athlètes de son sport, Elton De Souza. Champion généreux et disponible, Elton est un véritable passionné qui vit pour son sport. L’occasion pour nous de découvrir un sport de casse-coups spectaculaire et d’une rare intensité : le roller course.

Le roller de vitesse, c’est une histoire de famille chez les De Souza. Une famille qui respire le roller de vitesse et la victoire ! Un temps coaché par son père, Elton s’est taillé un palmarès magnifique. Seul ombre au tableau, un titre mondial qui se refusait à lui. Depuis les World Games 2017, l’erreur est réparée, Elton De Souza est champion du monde. Dans un sport dominé par les colombiens, le frenchie a joué des coudes pour se faire une place au soleil. Rencontre à grande vitesse !

Grounds. : Peux-tu te présenter pour les lecteurs de Grounds ?

Elton De Souza : Bonjour aux lecteurs, je m’appelle Elton De Souza. J’ai 27 ans et je suis champion du monde de roller course.

G. : Tu baignes dans le roller depuis tout petit. A quand remonte tes premiers souvenirs sur des rollers ?

J’ai commencé quand j’avais 3 ans. Je me souviens que mon père nous amenais patiner au parc de la Tête d’Or à Lyon. Avec mon grand frère on s’amusait à slalomer à fond entre les passants. Je pense qu’on a du faire peur à plus d’une personne mais c’était très marrant pour les gamins que nous étions.

G. : Le roller c’est une histoire de famille chez vous. Peux-tu nous en dire plus ? Pas trop de rivalités entres frères sur les grandes compétitions ?

J’ai 3 frères, on pratique tous le roller de vitesse à haut niveau. Il n’y a pas vraiment de rivalité. Au contraire, nous essayons plutôt de nous encourager à continuer et à s’entraîner. En pleine course par contre, pas de cadeau entre nous mais ça c’est la course.

G. : Ton père était aussi ton coach, comment le duo fonctionnait ?

Mon père m’a enseigné tout ce qu’il a pu apprendre au fil des années où il nous a entraîné mes frères et moi. Maintenant je suis mon propre entraîneur, je me fixe moi-même mes objectifs et je planifie mes séances d’entraînements. Mais il continue de me conseiller techniquement et mentalement. Il entraîne également quelques athlètes par passion, ça lui permet de venir sur les compétitions tout au long de l’année.

G. : A quel âge tu décides de faire de la compétition de haut niveau ?

Depuis tout petit, je voulais être champion du monde. Ma sœur de cœur qui patinait avec nous quand on était petit me répétait toujours que je le serais plus tard. Elle disait que j’aurais un hélicoptère et une grosse voiture. Ça m’a marqué et ça m’a fait rêvé.

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ELTON DE SOUZA, LA FRANCE DANS LE COEUR

G. : Ta catégorie, le roller de vitesse, c’était une évidence ? Peux-tu nous parler de ce sport encore méconnu en France ?

Oui, je suis né les patins au pied et j’ai toujours préféré la vitesse. C’est un sport méconnu mais je pense que dans quelques années on en parlera beaucoup plus. Pour ma part, depuis 2014, je partage tout ce que je fais sur mes réseaux sociaux et ça fait pas mal parler.

Ces dernières années, j’ai le sentiment qu’on avance. Le roller est un sport jeune et tout reste encore à faire niveau médiatisation. Sur les grands événements, nous avons de très bons photographes et un live sur internet. Ensuite, nous avons pas mal de personnes motivées comme Pascal Briand. C’est un ex champion du monde qui blogue de très belle manière sur YouTube. En parlant de YouTube, il y a également une vidéo d’un 1000m au World Games 2017 fait le buzz avec plus de 4 millions de vue en moins d’un an. (Une course dans laquelle Elton attrape la médaille de Bronze au finish)

G. : Quelles sont les grandes nations du roller de vitesse ?

La Colombie est la nation la plus forte. Ils ont une vraie culture du sport et des athlètes professionnels. Ensuite la Corée, l’Italie et Taïwan sont de très bons pays tout comme la France. Nous sommes toujours dans les 5 premières nations depuis quelques années.

G. : Ton sport a t’il une chance de devenir un sport olympique dans les années à venir ?

Je n’en ai aucune idée mais je suis optimiste. On espère rentrer au Jeux Olympiques en 2024 en France. Ce serait vraiment top et une belle récompense.

G. : Porter le maillot de l’équipe de France, ça représente quoi pour toi ?

C’est une fierté. J’adore mon pays, je suis fier de dire que je suis français. En roller, nous avons eu beaucoup de champions du monde. Quand j’étais petit, je les regardais chanter la marseillaise sur le podium et je voulais faire pareil.

G. : Quel est ton plus beau souvenir sur des rollers ? Ton plus beau souvenir en bleu ?

Mon premier titre européen à l’âge de 13 ans. J’étais surclassé. J’en ai pleuré, c’était magnifique (Pampelune 2004). Mon dernier titre de champion du monde sur 3000m relais à Heerde en Hollande. Je vous invite à aller voir la vidéo sur YouTube, les images parlent plus que les mots.

LE ROLLER DE VITESSE, ADRENALINE ET SPECTACLE

G. : Tu peux atteindre quelle vitesse sur les rollers ?

Sur du sprint, on peut atteindre une vitesse de 60 km/h !

G. : Les courses sont d’une intensité folle. Comment appréhender ce mix de vitesse, de puissance physique et d’intelligence de course ?

Je m’entraîne toute l’année pour être au top physiquement et techniquement lors de la saison. La tactique vient avec l’expérience. Au fil des années et des courses, on sait ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter de faire.

Avant une course comme les Championnats du Monde, il y a une tension intense. Les patineurs sont stressés car ils veulent tous donner le meilleur d’eux-mêmes alors qu’on ne sait jamais vraiment comment une course va se dérouler. Pour ma part, j’aime ce stress. J’ai besoin de cette dose d’adrénaline.

« En roller, nous avons eu beaucoup de champions du monde. Quand j’étais petit, je les regardais chanter la marseillaise sur le podium et je voulais faire pareil. »

G. : Question un peu indiscrète, vis-tu de ton sport ? Tu as une licence pour entraîner. Comment gères-tu le passage de l’autre côté de la barrière ?

Plus ou moins, j’en vis mais c’est compliqué de mettre de l’argent de côté. Mais ça s’améliore cette année grâce à ma constance. J’ai un diplôme d’entraîneur et je donne des stages partout dans le monde. Cette année, je suis allé en Indonésie et au Canada. De belles expériences.

G. : Tu organises aussi des stages. Comment fonctionnent-ils ? Ça s’adresse à tous ceux qui aiment le roller ou plutôt les sportifs de haut niveau ?

Ça s’adresse à tous. Le plus souvent, ce sont les clubs qui me font venir. J’en ai fait juste pour des enfants, pour des personnes plus âgées mais aussi pour des athlètes de haut niveau. J’aime transmettre ma passion et les gens me le rendent bien. Je n’ai que des bons retours et toujours plus de demandes. C’est une grande satisfaction.

G. : Peux-tu nous parler de cet événement à Cuba en Novembre dont tu parles énormément sur les réseaux sociaux ?

Une amie qui organise ce voyage m’a demandé de l’aider à trouver plus de personnes. Je voyage souvent à Cuba et les gens passionnés de roller me lisent alors je fais circuler l’information. J’y serais aussi à ces dates pour le Marathon International de La Havane et pour passer un peu de temps avec ce groupe.

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LE PALMARES D’ELTON DE SOUZA

Tu te la racontes avec tes quelques médailles chopées quand t’étais encore un môme ? Attends de voir le palmarès (long comme le bras) d’Elton. Une liste qui donne le tournis avec plus d’une vingtaine de titres de champion de France et en point d’orgue un titre mondial individuel aux World Games 2017. Elton de Souza c’est l’une des références du roller de vitesse en France et dans le monde.

Championnats du Monde 2014 (Argentine)

  • Médaille de Bronze en sprint sur piste.
  • Médaille de Bronze en Marathon.

Championnats d’Europe 2015 (Autriche)

  • 1er au classement individuel Hommes
  • Médaille d’Or en relais sur 3000m.
  • Médaille d’Or sur 500m piste.

Championnats du Monde 2015 (Taïwan)

  • Médaille d’Argent en relais sur 3000m.
  • Médaille de Bronze en Marathon.

World Games 2017 (Pologne)

  • Médaille de Bronze en vitesse 1000m.
  • Médaille d’Or en vitesse 15km.

Championnats du Monde 2018 (Hollande)

  • Médaille de Bronze en vitesse 500m.
  • Médaille d’Or en relais sur 3000m.