La télévision , opium du peuple, offre souvent des émissions indigestes. Si si ! Mais parfois, des concepts naissent et offrent de belles surprises. La mode de la survie est passée par là et amène avec elle son lot d’émissions nouvelles. Grounds fait un petit état des lieux de ces programmes télé. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire.

MOUNDIR, ET LES APPRENTIS AVENTURIERS 

Moundir Zoughari est devenu une figure de la téléréalité française. Le garçon se fait connaître par le biais de Koh Lanta. Capable de fulgurance assez hallucinante, Moundir sort vite du lot et la production comprend qu’elle a tout intérêt à le mettre sur le devant de la scène.

Il anime depuis 2016 « Moundir, et les apprentis aventuriers ». Une triste parodie de survie. Le mode survie sur une plage avec peu de vivres et surtout une gigantesque excuse pour voir des bimbos écervelées se crêper le chignon non stop. Une blague qui fait rire 2 minutes (Comme le spectacle de Gérald Dahan… Vous voyez mieux?). Rassurez-vous, vous en aurez pour votre argent en « fraté ». Les mecs font quand même le boulot avec sérieux (sic).

C’est le niveau zéro de la télévision. On se demande pourquoi Moundir s’est aventuré sur ce tournage. Même si on a quand même une petite idée de la réponse. Y’en a assez, on zappe !

THE ISLAND, LA SURVIE À L’ÉTAT PUR

La diffusion de la 3ème saison vient de se terminer. 22 naufragés largués par petits groupes aux 4 coins d’une archipel du Panama, dans le Pacifique. Nous sommes de grands fans de l’émission chez Grounds. Mais il ne fait aucun doute que nous sommes déçus à la fin de cette saison. Pour la prochaine saison, Mike Horn et M6 devront être plus inspirés et novateurs.

L’émission parrainée par Mike Horn (une sorte de Dieu pour nous) voit ses audiences baisser légèrement par rapport aux deux premières saisons. Pas étonnant. Le public se lasse vite et il n’est pas toujours facile de se réinventer totalement. Surtout dans la survie.

Une émission malgré tout bien au dessus du reste des programmes d’aventure et de survie. On y donne de vrais conseils de survie, d’alimentation, de construction d’abris, gestion de l’eau, etc… C’est complet et instructif. Mais que dire des conditions de vie des candidats. Des nuits entières passées sous des pluies diluviennes, des moustiques et tiques de sables qui attaquent en permanence, un soleil de plomb la journée, et quasiment aucune ressource alimentaire. Pas besoin de plus, la vraie survie elle est là.

Il faut aussi dire que l’émission n’est pas totalement inconnue des spécialistes. C’est, en effet, une adaptation de l’émission anglaise « The island with Bear Grylls ». Bear Grylls, un nom qui fait trembler. Vous connaissez forcément cet ancien membre des Forces Spéciales Britanniques (SAS). Cet aventurier/alpiniste/écrivain doit son succès à l’émission Man vs Wild, dans laquelle il se met en scène dans toutes sortes de situations périlleuses où le seul mot d’ordre est : survivre. C’est un pionnier qui a poussé les médias à s’intéresser de plus près à la survie et plus globalement à l’univers outdoor.

À L’ÉTAT SAUVAGE, VIS MA VIE DE MIKE HORN

Mike Horn est un dingue. On le savait un peu après avoir vu le reportage latitude 0 (immanquable!) ou encore après avoir suivi sa traversée des pôles. Mais il a fini de nous convaincre avec l’émission « à l’état sauvage ».

L’idée : un fou furieux de survie emmène une célébrité avec lui dans un coin reculé de notre planète pour lui faire passer 4/5 jours en mode survie. Mickael Youn, Matt Pokora ou encore Laure Manaudou s’y sont frottés. Ils y ont tous appris l’humilité et des conseils précieux prodigués par Mike. Une solution à chaque problème et une sagesse de chaque instant. Mike Horn vous met une claque, physiquement et psychologiquement. Une force de la nature peu épargné par la vie, mais qui a toujours su se relever grâce à un projet fou et ses deux filles.

C’est sans aucun doute le meilleur programme télé sur la survie. On repart pour une nouvelle émission le 12 juin sur M6 avec Christophe Dechavanne. La rédaction de Grounds sera devant la télévision c’est sûr. Seul bémol de l’émission, un rythme parfois lent qui ne correspond pas avec les critères de la télévision « grand public ». Mais peu importe, Mike Horn bouscule les codes partout où il passe. Et c’est souvent un succès.

KOH LANTA, LE BLOCKBUSTER DE LA SURVIE

Attention gros succès ! Koh Lanta c’est déjà 16 saisons et des audiences très souvent aux rendez-vous. À l’origine une adaptation d’une émission suédoise « the survivor ». Dès la première saison en 2001, Koh Lanta (du nom de l’île thaïlandaise qui accueille la saison initiale) est un carton d’audience. C’est la première véritable émission de téléréalité dédiée à la survie. Le public est conquis.

Le petit plus du concept. Des candidats qui se mesurent lors d’épreuves plus ou moins physiques et qui s’éliminent entre eux. On parle ici de téléréalité il ne faut pas oublier. Il faut du sang et des larmes … et des clans ! Deux équipes qui s’affrontent donc et un seul candidat vainqueur à la fin. Tous les ingrédients pour un succès.

Denis Brogniart joue bien le rôle de maître de cérémonie. Dans un style un peu plus convaincant que notre ami Moundir. Mais on peut trouver à redire sur l’émission. Des candidats qui se clashent, trop peu de vrais conseils de survie et surtout des concepts un peu épuisés. On pense aux saisons spéciales comme « Le retour du choc  de la revanche des Héros 2 ».

À l’étranger, on trouve aussi de vraies perles. Revue d’effectif.

GAME WINTER, LE HUNGER GAMES RUSSE

Yevgeny Pyatkovsky est riche, très riche. Mais il est fou aussi. Son projet : un jeu télévisé intitulé « Game Winter » tourné en pleine Sibérie durant 9 mois. Un terrain de jeu sauvage et hostile pour les 30 candidats (15 hommes et 15 femmes). La seule mission pour ces candidats : survivre à tout prix. Enfin surtout pour se partager 1,6 milliards de dollars pour les vainqueurs.

Les participants devront débourser 158 000 € pour participer. Assez fou quand on sait qu’ils vont devoir affronter des conditions extrêmes allant jusqu’à -40°. Mais aussi un environnement dangereux peuplé de loups sauvages et d’ours.

Les 900 hectares de terrain de jeu seront filmés 24h/24 et 7j/7. Un dispositif de 2000 caméras pour ne rien louper des aventures et déboires de nos valeureux candidats au jackpot.

Quant aux règles, elles sont simplistes : « Tout est permis : se battre, l’alcool, tuer, violer, fumer, tout ». Un univers qui s’annonce donc ultraviolent et surtout contraire à la loi russe. Les candidats pourront donc tout faire. Mais ils devront assumer leurs actes une fois le jeu terminé. Comme on pouvait s’y attendre, les premiers participants commencent à s’inscrire et ils ne ressemblent vraiment pas à des enfants de choeur. Sinon tout va bien au pays de Poutine.

EDEN, DE LA RÉALITÉ À L’ENFER

Eden, ça ne vous parle peut-être pas. Et pourtant vous avez sûrement entendu de cette téléréalité britannique. Le concept 23 candidats qui vivent coupés du reste du monde pendant 1 an pour la chaîne télé Channel 4. Mais à la fin du tournage, les participants ont eu une très mauvaise surprise.

Le point de départ de l’émission, un camp dans la campagne écossaise. Une aventure loin de toute forme de technologie avec comme but de construire une communauté autonome sous le regard des caméras. On y ajoute une année sans contact possible avec la famille et les amis. Le projet semble dingue mais il a de quoi attirer les aventuriers les plus dingues (ou les pères de famille qui cherchent 10 minutes de tranquilité)

Seulement quelques émissions diffusées et puis plus rien. Silence radio après une dernière photo de la production mettant en scène un candidat et une chèvre. Des audiences désastreuses et une chaîne qui continue le tournage sans avertir les aventuriers que l’émission n’est plus diffusée sur le sol britannique. Tous les candidats sont maintenant rentrés dans un monde un peu plus fou que celui qu’ils avaient décidés de quitter un an auparavant. Bon courage à eux !