Pas besoin de demander à Martin Thomas à quoi il pense en se rasant le matin ! L’objectif est clair et affiché : Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Le tout récent Champion de France de Canöe Slalom met toutes les chances de son côté pour atteindre son rêve de sportif ! Il nous livre sa recette d’athlète de haut niveau et ses conseils « préparation physique ».

QUELQUES QUESTIONS À MARTIN THOMAS, CHAMPION DE CANÖE SLALOM

Discipline moins médiatisée, le canöe slalom est un sport exigeant qui réclame une préparation physique intense et minutieuse. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur l’aspect purement préparation physique. Qui est plus apte que le Champion de France 2019 pour nous répondre ?

Grounds. : Salut Martin, quels sont les muscles qui sont les plus sollicités pour ta discipline ?

Martin Thomas : Evidemment en regardant un canoéiste de l’extérieur, vous penserez qu’il nous faut uniquement de gros bras ! En réalité, la transmission de la force de la pagaie vers l’avant du canoë, s’effectuera par l’intermédiaire du dos, de la sangle abdominale, et… des jambes ! En plus d’avancer, il nous faut tourner ! Là ce sera les chaînes croisées de fermeture que nous utilisons.

Les épaules sont un gros point de faiblesse. Il nous faut les renforcer, mais aussi les stabiliser et leur aprrendre à se prémunir des luxations par de la proprioception (là c’est mon côté kiné qui prend le dessus !).

G. : Y a-t-il une fausse idée que les gens se font sur le canöe slalom et sur les muscles qui travaillent le plus ?

Martin : Je dirais qu’ils se font une fausse idée sur la non utilisation des jambes ! L’énergie créée au niveau de la pagaie doit étre transmise avec précision dans la bonne direction, et le maillon final de la chaîne, c’est les pieds ! Il faut donc travailler cette transmission intégrale, sous forme de chaîne.

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G. : Existe-il de grandes différences selon les disciplines dans ton sport ?

Martin : Bien sûr ! La plus grosse différence se situe au niveau des positions entre le canoë slalom (position à genoux, pagayage unilatéral) et le kayak (position assise, pagayage bilatéral). Le kayak nécessite une fréquence très haute de pagayage et demande de la vélocité. Alors que le canöe est plutôt sur une fréquence basse avec des appuis très puissants.

Les postures ne sont pas les mêmes, les angles d’attaque de la pagaie non plus, tout cela demande des adaptations en préparation physique.

G. : Depuis que tu fais du canöe, la part de musculation/workout a évolué ?

Martin : Oui, elle s’est intensifiée à partir du moment où j’ai commencé le haut niveau. La musculation prend ¼ de mon entraînement actuel. Mais ce qui a changé au fil des années, c’est ma méthode d’entraînement. J’ai commencé à m’entraîner quotidiennement en pôle espoir il y a 13 ans, avec des méthodes très analytique, mono-articulaire, 2-3 exercices phares comme les tractions, le rowing planche et le développé couché. Aujourd’hui, bon nombre d’entraîneurs continuent là-dessus. Mais avec mes connaissances en kinésithérapie, mon expérience, et mon préparateur physique, je suis à des années lumières de ce que je faisais au début !

Je suis un sportif polyvalent. Je fais de l’escalade, du kitesurf, du ski de rando, du ski de fond, je cours en montagne dès que je le peux. Il me faut donc une prépa physique optimale pour me prémunir des blessures de chaque sport, et avant tout pouvoir prendre du plaisir dans tout ce que je fais.

L’haltérophilie est un vrai atout. Toujours sous l’œil attentif de mon préparateur physique, j’apprends les techniques si complexes de cette discipline. Il y a tant de paramètres à activer en une fraction de seconde pour que le geste soit parfait, et que la fonte puisse décoller du sol… C’est donc un travail mental en même temps pour permettre la décharge nerveuse optimale et se prémunir de toute blessure. Parallèlement à ce travail, je fais beaucoup d’exercices type crossfit, notamment avec les TRX, anneaux, étant toujours en déséquilibre.

G. : Comment évolue ta discipline sur ce plan là ?

Martin : Chacun à ses croyances ! Si l’on ne sort pas des sentiers battus, on restera dans le même moule. En regardant autour de moi, beaucoup font de la « muscu classique », et beaucoup se luxent les épaules, se créent des lésions musculaires ou bien se font mal au dos…

Pour moi l’intégrité physique est primordiale. Je ne sais pas quand j’arrêterai ma carrière, mais le sport sera toujours omniprésent. Je ne me suis à ce jour jamais luxé d’épaule ou eu de grosses blessures. La prépa physique en est la cause. C’est ce qui assure la longévité d’un sportif !

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TU VEUX TESTER LA « WORKOUT ROUTINE » DE MARTIN THOMAS ?

En exclusivité, le champion de France de Canöe Slalom, nous livre un exemple de routine. Ici, il nous présente une séance axée sur la puissance. Un élément essentiel dans sa discipline. Une séance costaud et exigeante. Ça va brûler !

PARTIE GAINAGE (5 tours)

Exercice 1 : Position: Barre fixe, prise supination, menton barre, isométrie coude à 90°:

  • 5 battements de jambes tendues

  • 5 secondes jambes tendues équerre

  • 5 relevés de jambes tendues

Exercice 2 : Position: debout, poids 15kg tenu à bout de bras devant soi (8 répétitions)

  • Rotation gauche  / rotation droite (comme on tourne un volant) 

  • Élévation bras tendus au dessus tête

  • (Garder position bras tendus au dessus tête) 1 overhead squat

Exercice 3 : Position: à l’horizontal par terre, pieds écarté, jambes tendues, mais sur rouleau de massage, bras tendus. (5 répétitions)

  • Faire rouler le rouleau devant soit de 1m, puis le faire revenir.

PARTIE HALTERO (puissance)

Tirage lourd d’arraché 3 X 4rep r’=2’30. Poids 110kg

Rowing T.barre 3X3 r’=2’30. Poids 100kg

Tractions lestées, 3×4 r’2’ Poids de corps + 55kg

+ « Finisher » pompes au max environ 60 !

MARTIN THOMAS, UN CHAMPION AVEC DES AMBITIONS OLYMPIQUES

Les places pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 seront chères. Martin Thomas fait déjà parti des 3 athlètes sélectionnés en Equipe de France. Un céiste sera sélectionné parmi les 3 pour participer aux prochaines olympiades. Cette sélection se fera durant toute la saison internationale jusqu’aux Championnats du Monde. C’est donc un programme chargé en courses internationales ainsi que des périodes d’entraînements aux 4 coins de l’Europe. 

La Team Grounds lui souhaite bonne chance et le soutient dans sa quête d’olympisme. En tout cas, Martin mérite d’y aller et travaille comme un acharné pour réaliser ce rêve. Il y a quelques semaines, Martin Thomas nous avait parlé de son sport, sa passion et son rêve olympique !

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