Champion de France Elite, Médaillé en Coupe du Monde et Médaillé par équipe en Championnats du Monde. Le palmarès de Martin Thomas a fier allure. À 29 ans, le charentais a un objectif simple en tête : participer aux Jeux Olympiques. La route est longue et les places rares. Mais le céiste français est un acharné de travail et un passionné de son sport. C’est au Pôle France de Pau qu’il s’entraîne quotidiennement pour devenir le meilleur dans sa catégorie : le canoë slalom.

Pratiquant le kitfoil, le ski rando ou encore l’escalade, nous avons eu la chance d’échanger avec un véritable passionné de sports outdoor et de milieu aquatique. Maintenant à vous de découvrir ce champion, et kinésithérapeute de métier, qui trace sa route vers les Jeux Olympiques avec ambition et humilité. Aujourd’hui, il nous confie ses ambitions et son parcours. Il est formel sur un point. Il y a encore de la place dans la vitrine à trophées !

G. : Salut Martin, Comment as-tu découvert ton sport ? Qu’est ce qui t’attires le plus dans ta discipline, le canoë slalom ?

Martin Thomas : Mon sport, je l’ai découvert grâce à mon club (Jarnac en Charentes). L’équipage jarnacais Braud/Forgit qui finit 4ème des Jeux Olympiques de Pékin. Ils étaient mes idoles. Je voulais faire comme eux, atteindre le plus haut niveau international. Je trouvais ce sport tellement impressionnant à regarder, « comment faisaient-ils pour dompter ces vagues, en passant entre des piquets ? ». Pour avoir la réponse, je me suis entraîné plusieurs fois par semaine, puis très rapidement bi-quotidiennement ! Je suis amoureux de l’eau, de la glisse, des lignes, de la maîtrise, du sport outdoor… Je suis un vrai passionné.

G. : Quel est ton meilleur souvenir en canoë ?

Martin : Je crois que mon meilleur souvenir, c’est ma première participation aux Championnats du Monde. En 2012, j’étais spectateur de la finale des JO dans les gradins. En 2015 je me retrouve au départ de la finale des Championnats du Monde sur le même bassin londonien. C’était impressionnant, beaucoup d’émotions. 2 mois avant j’avais le poignet dans le plâtre, et je décroche le quota Olympique pour la France, c’était incroyable. Mais je garde en tête la médaille aux Championnats du Monde à la maison (à Pau) devant un public énorme !

G. : Tu as dû écumer beaucoup de rivières françaises ? quel est ton spot favori ?

Martin : Effectivement depuis mes débuts en 2005, j’ai navigué sur beaucoup de rivières, naturelles, aménagées ou complètement artificielles. Ma passion pour le milieu naturel, le cadre exceptionnel et la grosse eau vive fait pencher mon cœur pour Bourg Saint Maurice dans les Alpes.

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En 2017 à Pau, l’Equipe de France de canoë slalom accroche la médaille de bronze. De g. à d. : Edern Le Ruyet, Martin Thomas et Denis Gargaud Chanut.

G. : En 2017, avec l’EDF, vous accrochez la médaille de bronze en slalom par équipe aux mondiaux de Pau. Quelle fût m’émotion pour l’équipe ? C’est forcément encourageant pour l’avenir ?

Martin : Oui c’était magique. Jamais je n’ai vu autant de supporters. Faire les Championnats du Monde dans son pays et gagner une médaille devant son public. Un sentiment incroyable.

En 2017 je gagne ma première médaille (le bronze) en finale de Coupe du Monde. C’est très encourageant car les mondiaux 2019 seront sur le même site (Seu d’Urgell en Espagne). Je me savais capable de toucher les Elites mondiaux mais de concrétiser en Coupe du Monde cela renforce les ambitions. C’est un levier incroyable pour la suite.

G. : Tu considères ton sport comme plutôt individuel ou la notion de collectif est également présente ?

Martin : Je dirais que c’est un sport individuel à progression collective. Pour moi le collectif est primordial à très haut niveau. J’entends par collectif le staff technique, mais aussi le soutien des proches, des partenaires, des collègues d’entrainements. C’est ce qui crée une émulation permanente. Sans cet entourage, c’est très difficile de perdurer.

MARTIN THOMAS, LES JEUX OLYMPIQUES DE TOKYO EN LIGNE DE MIRE

G. : Tu prépares actuellement les Jeux Olympiques de Tokyo. Ce serait ta première participation aux JO ?

Martin : Oui c’est l’objectif ! Après être passé à côté des sélections en 2016, je me prépare pour Tokyo. « LA » place est chère dans mon sport. Avec seulement un quota par catégorie, il faudra être présent aux Championnats du Monde 2019. Ce serait donc ma première sélection effectivement.

G. : Comment se passent les sélections pour y participer ?

Martin : Le meilleur français sur la saison internationale 2019 gagnera son ticket pour les Jeux. En cas de contre-performance de l’équipe, la sélection se poursuivra en 2020 lors des Championnats de France.

G. : Si tu y participes quels sont les objectifs ? Victoire ? Médaille ?

Martin : Depuis Sydney en 2000, le titre olympique a été remporté 4 fois sur 5 par le sélectionné olympique français. Ce qui prouve que le niveau français est excellent. Les ambitions en cas de sélection seront donc à la hauteur.

G. : Ton sport, le canoë slalom, fait partie des disciplines qui ne sont, malheureusement, mises en lumière qu’à l’occasion des Jeux Olympiques. Comment se prépare-t-on pour des échéances aussi lointaines ?

Martin : Effectivement, notre sport n’est pas assez médiatisé. C’est pourquoi, il est difficile de se préparer à un tel événement médiatique et populaire. Cela passe donc par l’expérience acquise au fur et à mesure des compétitions majeures comme les mondiaux.

G. : Quelles sont, pour toi et l’Equipe de France, les étapes intermédiaires sur la route des Jeux Olympiques 2020 ?

Martin : La route est de plus en plus courte, il reste 3 étapes majeures :

  • Les championnats de France en Avril (sélection EDF 2019)

  • Les championnats d’Europe à Pau en Juin

  • Les championnats du Monde à Seu d’Urgell (ESP) en Septembre 2019

D’ici là, la préparation est intense, avec un stage de préparation en Australie durant lequel je participerai aux Championnats d’Australie et Championnats d’Océanie, ce qui permet de jauger notre niveau par rapport à la concurrence internationale en intersaison.

Pour découvrir les exploits de Martin, on vous invite à découvrir sa chaîne YouTube.

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Crédit photo : Eric Traversié.