Nous aimons les récits d’aventure. C’est un fait. Ces carnets de route qui nous font voyager et rêver. Aujourd’hui, nous partons en Alaska avec Gaëtan Vidal aka Geveo. À travers son regard de photographes, passionnés par la faune et la flore, nous découvrons le Denali National Park. En plein cœur de l’Alaska, cet aventurier voyageur a décidé d’affronter des conditions hostiles pour être au plus près de ce que la nature a de plus pur à offrir. Dépaysement garanti au milieu des grizzlies, de la toundra et des paysages à couper le souffle. 

Les couleurs dautomne sont déjà bien présentes sur Denali, la route du National Park est ouverte aux voitures jusquau Mile 35, bien au delà du pont de la Savage River, c’est à partir de ce point là que commence mon aventure. Après m’être enregistré au comptoir des « permis pour camper dans l’arrière pays » du Visitor Center, me voilà parti chargé de mes deux sacs à dos, un total de 28 kilos sur le dos . Le but de mon petit périple étant dapprocher au plus près la faune locale. Je compte passer 6 nuits sous la tente loin de toutes routes et tous sentiers du park. (Découvrez vite le compte Instagram de Gaëtan Vidal)

Alaska-denali-geveo-2

L’ALASKA, UNE NATURE MAGNIFIQUE MAIS HOSTILE

Après 2 heures de marche et quelques pauses pour reposer mes épaules, il est temps pour moi d’établir le camp. Je cherche un aplat et un coin qui soit un peu abrité du vent. J’ai décidé de longer la Teklanika River, je pense que cest un point stratégique pour y observer les animaux mais également pour faire mes réserves en eau et cuisiner.

J’ai campé quelques fois vers le Caroux et dans les Pyrénées mais jamais dans un milieu aussi hostile, cest pour moi une première. J’ai amené avec moi un bear spray au cas où… Mais j’espère ne pas avoir à l’utiliser. En Alaska on ne rigole pas avec les ours, surtout à cette période là de l’année, les plantigrades font leurs dernières réserves de nourriture avant daffronter un long hiver dans leur tanière.

Pour éviter tout incident avec la faune, il est conseillé de cuisiner à une cinquantaine de mètres du campement et de laisser la nourriture, les ustensiles de cuisine et tout autre produit à forte odeur à environ cinquante mètres de là où l’on a cuisiné. De façon à ce que cela forme une sorte de triangle stratégique entre la tente, la cuisine et le spot où on laissera la nourriture. Je garde mes plats lyophilisés pour les repas du soir histoire de bien me remplir l’estomac et un petit thé pour me réchauffer le corps avant daffronter les températures négatives de la nuit. Le midi des fruits secs et autres barres chocolatées feront laffaire.

La première nuit se déroule normalement, je n’ai pas de mal à trouver le sommeil. Cest la seconde nuit qui va s’avérer être plus difficile. Une pluie fine incessante tombe sur le camp durant la nuit. La toile de ma tente ne tarde pas à s’imprégner d’eau, je sens les gouttes tomber sur mes pieds au travers de mon sac de couchage. La nuit va être longue… Pour la nuit suivante je vais utiliser mon tapis de sol comme bâche afin de me protéger au maximum des intempéries de la nuit. On fait avec les moyens du bord !

Alaska-denali-geveo-bivouac-aventure

Fort heureusement, je reste au sec la nuit suivante malgré des températures négatives allant jusqu’à -15 degrés. Pour éviter que les batteries de mes appareils électroniques ne se déchargent, je les garde proche de moi dans le sac de couchage. Mon matériel commence à montrer ses limites, je ne ferme pas les yeux de la nuit.

Sur les coups de minuit, je décide de sortir pour aller marcher un peu, essayer simplement de me réchauffer. Le ciel est dégagé, il n’y aucun nuage c’est magnifique. Après quelques minutes à tourner autour de la tente, je lève les yeux au ciel et je repère une trainée blanchâtre pour le moins étrange,c’est en fait une aurore Boréaleici au milieu de nulle part, rien que pour moi. Le spectacle va durer une quarantaine de minutes, soudain ma sensation de froid a disparu. Il y a une phrase que je me répète souvent, et qui là prend tout son sens… « Lorsque l’on reçoit, il faut savoir donner… ». Je pense avoir pas mal donné entre la pluie et le froid.

Alaska-denali-geveo-aurore-boréale
Une aurore boréale splendide capturée par Geveo.

L’ALASKA, LA RENCONTRE DE LA NATURE ET DES GRIZZLIES

Un matin, des traces fraiches de loups et dours aux alentours de la tente, ils sont passés tout proche dans la nuit, je nai rien entendu. Je décide de laisser le camp en place et jentreprends une longue marche pour explorer les environs. Je cueille quelques myrtilles sauvages, jai juste pris avec moi mon spray et mon appareil photo.

Alaska-denali-geveo-original
Les originaux (ou élans) du Denali National Park.

Les paysages sont somptueux, les couleurs de la toundra superbes, au loin le mont Denali enneigé domine limmensité du Parc. Japerçois au loin un premier orignal (aussi appelé élan), cest un énorme mâle, j’en ai jamais vu daussi gros. Cet animal est d’habituel solitaire, c’est seulement lors du rut qu’il vit en couple. Je garde mes distances, durant la saison des amours il est déconseillé de croiser le chemin des mâles. Ils peuvent être agressifs et charger,je préfère éviter cela. Un peu plus loin jobserve une femelle et deux petits. Sur le chemin je croise un couple deptarmigans,ce sont des lagopèdes alpin. L’hiver approchant leurs plumes changent de couleur passant du brun au blanc, un excellent moyen de se camoufler des prédateurs dans la neige.

Ce n’est que lors du dernier jour que vienune surprise de taille, Le premier grizzly. Non loin du camp. Toujours la même émotion en voyant cet animal. Sa taille et sa morphologie me font dire qu’il s’agit là d’un mâle.. Il est occupé à manger des baies à une quarantaine de mètres. Il lève le museau et renifle en ma direction, il ma vite repéré mais ne semble pas inquiété par ma présence. Je me cache derrière un tronc darbre mort et je lobserve, jen profite aussi pour faire des photos souvenirs. Un moment privilégié, magique, qui va durer plusieurs minutes.

J’aurai l’occasion de recroiser plusieurs grizzlys plus tard pendant mon voyage mais cette fois en bordure de chemin.. Il est temps pour moi de reprendre la route, j’espère avoir un jour l’occasion de revenir dans cette contrée fascinante. Gaëtan Vidal alias Geveo

Retrouvez nos autres carnets de route  : Le Kirghizistan avec MC Binoculars et l’écosse avec Oecume